Mr Mohamed Ould Noueigued, PDG de la Banque Nationale de Mauritanie : « L’Algérie doit faire confiance au secteur privé »

Mr Mohamed Ould Noueigued est le Président Directeur Général de la Banque Nationale de Mauritanie et représentant du Groupe AON, l’un des plus grands groupes en Mauritanie activant dans différents secteurs économiques. Ayant participé au Forum africain d’investissement et d’affaires, qui s’est déroulé à Alger du 5 au 7 du mois courant , il a bien voulu répondre à nos questions concernant notamment le Mémorandum qu’il vient de signer avec le Groupe algérien COPRESUD, groupe diversifié, actif dans les services au secteur pétrolier pour le lancement de plusieurs projets de partenariats en Algérie ayant trait notamment à l’agriculture et à la pêche.

Algérie-Eco : Parlez-nous du Groupe que vous représentez ?

Mr Mohamed Ould Noueigued : Le Groupe AON est un groupe familial diversifié, détenteur de la Banque Nationale de Mauritanie, fondé par mon Défunt père Abdellahi Ould Noueigued à qui je rends hommage dans vos colonnes. Pour l’histoire, mon père faisait du commerce avec l’Algérie et précisément dans la région de Tindouf dans les années 1960/1970, nous ne sommes donc pas étrangers. Nous affectionnons l’Algérie et nous voulons travailler ensemble avec nos frères algériens.  Le peuple algérien est un Grand Peuple. Un peuple extrêmement important pour la Mauritanie et pour l’Afrique. Nous sommes fiers de l’Algérie et de ce qu’elle fait pour les africains. Cependant, l’Algérie doit faire confiance au secteur privé et l’encourager. Pour revenir à notre groupe, nous activons dans divers domaines économiques. Nous sommes présents en Mauritanie mais également en Afrique Subsaharienne, dans les régions côtières africaines notamment la Guinée Conakry et bientôt au Libéria. Nous allons mettre  à profit notre savoir-faire pour nos frères algériens surtout dans la pêche et avec les 1400 km de côtes algériennes, je crois que le secteur est extrêmement prometteur.

Peut-on connaitre les termes du Mémorandum que  votre Groupe AON, a signé avec le Groupe COPRESUD à l’occasion du Forum Africain d’investissement et d’affaires à Alger ?

Ce Mémorandum signé avec  le Groupe COPRESUD nous permettra la création de joint-ventures dans le secteur de l’agriculture, la pêche et le dragage maritime. Ce partenariat vise des projets de plusieurs centaine de millions de dollars, en Algérie et ailleurs. Pour ce qui est des partenariats dans l’agriculture, il s’agit notamment de la culture des céréales dans la région d’In Amenas, dans le Sud algérien. Un projet qui s’étalera sur 3000 hectares dans une première phase extensible à 15 000 hectares dans les trois années à venir. Le deuxième secteur dans lequel notre groupe est très impliqué concerne la pêche. Nous sommes actifs en Mauritanie et dans les pays d’Afrique que j’ai déjà cités. L’Algérie a des côtes extrêmement poissonneuses, elle peut  en effet exporter énormément et notamment vers les pays d’Afrique. Le Groupe AON est également spécialisé dans le dragage  maritime des ports et des barrages. Nous sommes  dans cette activité depuis 15 ans. Nous disposons du savoir-faire et sommes dotés des équipements nécessaires et de moyens adéquats. Nous allons mettre notre savoir-faire au profit de nos partenaires algériens pour des contrats gagnant-gagnant. A cette occasion, j’invite les entrepreneurs algériens à venir en Mauritanie et de voir ce qu’ils pourront accomplir avec les entrepreneurs mauritaniens d’utile et profitant aux deux économies de nos pays respectifs. L’intégration, j’en suis convaincu se fera avec le secteur privé qui est très dynamique. Ceci dit, ce serait intéressant  aussi d’aller vers des partenariats Public/Privé en Algérie.

Ce genre de formule fonctionne bien en Mauritanie ?

Absolument ! En ce qui nous concerne, nous avons plusieurs projets dans cette formule en Mauritanie et en Guinée Conakry. A ce propos, nous disposons d’une structure de pêche avec l’Etat Guinéen composée de bateaux et d’installations frigorifiques  d’une capacité de 3000 tonnes. 65% détenus par notre groupe, 20% par l’Etat Guinéen et 15 % par des privés guinéens.

Les retombées de ce genre de partenariats sont considérables en termes de valeur ajoutée, de création d’emplois, de richesse, et de savoir-faire. Je crois qu’en Algérie, il faut encourager ce genre de partenariat pour une intégration effective notamment dans les projets à forte valeur ajoutée.

Quel est le montant qui sera investi dans les projets que vous comptez lancer avec le Groupe COPRESUD?

Les études d’évaluation vont déterminer les montants définitifs qui seront investis dans ces projets mais je pourrai vous dire à priori  que le montant prévisionnel est de 10 à 20 millions de dollars.

Concrètement quand est-ce que vous allez lancer ces projets ?

Les études sont  prévues avant mars 2017 aussitôt après, nous allons passer à la phase exécution. Je peux vous dire que nous sommes déterminés. Ce ne sont pas des projets qui vont rester dans les tiroirs. C’est une question de quelques mois.

Pensez-vous que le Forum Africain d’investissement et d’affaires a été une bonne occasion pour l’amorce d’une dynamique entre l’Algérie et les autres pays d’Afrique ?

Ce Forum est très important pour l’économie algérienne et africaine. Cela nous encourage à aller de l’avant. C’est ma troisième visite en Algérie depuis mai 2016 et je suis ravi de revenir à chaque fois. Il ya un grand potentiel que les algériens doivent exploiter. Je remercie les autorités algériennes et nos amis du FCE d’avoir organisé ce Forum pour faire connaitre les entreprises algériennes. L’Algérie est connue pour sa politique et sa diplomatie mais ce Forum lui a permis de la faire connaitre sur le plan économique qui a un fort potentiel et des atouts majeurs.

Question financement, que faut-il faire pour  voir aboutir tous ces projets économiques et amorcer cette dynamique économique africaine ?

Il faut mettre en place un mécanisme entre les banques algériennes et mauritaniennes, on peut le transposer également avec les autres pays africains. Mettre en place des lignes de paiement et des mécanismes d’assurance pour des projets bancables et utiles qui boosteront les économies des deux pays et ceux des pays africains.

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