Mohamed Yaddadene: « Les prix des véhicules vont encore augmenter »

Mohamed Yaddadene: « Vue la rareté de l’offre et l’importance de la demande les prix des véhicules vont encore augmenter »

Dans cet entretien, le consultant et ancien Manager dans le secteur de l’automobile, M. Yaddadene nous livre quelques impressions sur les différentes décisions prises dernièrement concernant l’industrie automobile en Algérie. Il s’agit entre autres de la relance des usines de montage, ainsi que les propositions de l’UPIAM.

Algérie-Eco : Des constructeurs automobiles ont reçu des autorisations pour relancer leurs usines de montage de véhicules à l’arrêt depuis plus d’une année en raison de l’annulation du régime préférentiel pour l’importation des lots SKD/CKD, a fait savoir,  Adel Bensaci, le président du (CNCPME). Qu’en pensez-vous?

M Yaddaden : Il vaut mieux tard que jamais comme dit l’adage. Je crois que toute mesure de relance est à encourager car au-delà des lots, c’est surtout des emplois à sauver, il ne faut pas oublier que les unités ont fermé depuis longtemps et que le personnel est à l’arrêt depuis tout ce temps. La suppression du régime préférentiel aurait pu se faire plus tôt. Fallait-il que cela intervienne plus tôt à travers un plan de relance qui aurait sauvé des emplois et relancer le tissu industriel en place. Je reste sur mon point de vue qui s’oriente davantage vers une stratégie industrielle adossée à des mesures provisoires pour accompagner le plan de développement.

L’Union professionnelle de l’industrie automobile et mécanique (UPIAM) a fait récemment des propositions concernant l’importation d’automobiles neuves et le projet de construction d’usines de montage.  Est-ce un signe de relance de cette industrie à votre avis?,

Je ne considère pas cela comme un signe de relance car ça aurait pu intervenir il y a très longtemps à travers des solutions transitoires en attendant l’aboutissement du programme réel en adéquation avec la réglementation en vigueur.

La relance passe par le développement du tissu industriel à travers les importateurs et les producteurs de pièces de rechange qu’il faut encourager par des mesures incitatives à investir dans la fabrication selon les normes des constructeurs pour soutenir les usines devant s’installer.

Quand pensez-vous que l’Algérie sera capable de relancer la production locale des véhicules neufs?

Dès que les structures concernées se seront mises d’accord sur une réelle stratégie avec le soutien nécessaire à un tissu industriel de sous-traitants dans les normes des constructeurs. Le climat des affaires a besoin de signaux positifs vers les investisseurs à travers la stabilité.

Pensez-vous qu’avec la relance de l’activité des concessionnaires et l’importation de véhicules neufs, les prix des véhicules vont baisser?

Je ne vois pas comment les prix vont baisser avec la situation que vit le marché depuis des années. Au contraire, vue la rareté de l’offre et l’importance de la demande les prix vont encore augmenter d’autant plus que les structures des coûts n’ont pas vu d’éléments qui ont baissé, à commencer par la dévaluation de la monnaie ainsi que tous les autres coûts de production et de logistique sans oublier les taxes.