HOMMAGE A AREZKI IDJEROUIDENE

Notre ami Arezki Idjerouidène vient de nous quitter à jamais. Il a tiré sa révérence ce samedi 23 avril 2016 succombant à une longue maladie contre laquelle il avait courageusement lutté des années durant. Son parcours ponctué de souffrances et de challenges hors de portée du plus grand nombre, est tout simplement admirable. Né à Iflissen, une localité maritime située entre Azeffoun et Tigzirt (Grande Kabylie), il passera l’essentiel de son enfance à Tizi-Ouzou où ses parents se sont installés pour fuir la pauvreté dans cette localité qui n’avait rien à offrir. Orphelin de mère à sa naissance, il endurera les pires souffrances durant sa prime enfance. Il en sera profondément marqué mais ne confiera ses mauvais souvenirs qu’à ses meilleurs amis. De santé fragile et issu d’une famille très pauvre, notre ami avait, très jeune déjà, dû se battre sur plusieurs fronts pour soutenir les siens et poursuivre, non sans difficulté, des études qui seront couronnées de succès par l’obtention d’une licence en droit. Son exil forcé en France (en tant que militant de la cause berbère Arezki courrait le risque d’être arrêté par les services de sécurité algériens), le contraindra, par souci de survie, à y créer une activité commerciale. Il investira les domaines du tourisme et du transport, avec la création d’une agence de voyages et d’une entreprise de logistique, ouvrant ainsi la voie à ce qui allaient devenir le groupe Gofast et ses nombreuse filiales, parmi lesquelles, la compagnie Antinéa aujourd’hui disparue et l’emblématique Aigle Azur, particulièrement appréciée en Algérie. De son combat pour la sauvegarde de l’identité berbère il en gardera éternellement la fibre qui le poussera, lorsqu’il lancera la compagnie Aigle Azur, à utiliser la langue amazighe pour les annonces d’usage aux moments du décollage et de l’atterrissage de ses avions.

Arezki Idjerouidène subira au milieu des années 90, une longue maladie contre laquelle il se battra courageusement et finit par vaincre, non sans en subir les séquelles qui seraient probablement à l’origine de son décès inattendu.

Le début de l’expansion du groupe Gofast correspondant avec l’ouverture économique que l’Algérie avait entamée en 1990, c’est tout naturellement qu’Arezki Idjerouidène a mis son entreprise spécialisée dans la logistique (transport de marchandises par charters et navires) au service de son pays d’origine auquel il voue un attachement sans faille. Il desservira, non sans efficacité, les chantiers pétroliers et, plus tard, ceux de nombreuses autres grandes infrastructures en construction (métro et tramways d’Alger). Lorsque l’Algérie sera victime d’un embargo aérien dans les années 90, il mettra à la disposition de son pays la compagnie « Antinéa » qu’il venait de créer, en effectuant des liaisons avec les plus grandes villes  françaises et algériennes. La compagnie Aigle Azur, qui fait aujourd’hui partie du quotidien des algériens,  lui succédera avec toute l’efficacité que de nombreux algériens en sont arrivés à lui reconnaître. En dépit de toutes les difficultés qu’on lui a injustement fait subir, Arezki Idjerouidène est resté attaché à l’Algérie où son groupe a, aujourd’hui, un profond ancrage.

Cet attachement viscéral à l’Algérie, Arezki Idjerouidène l’a notamment prouvé à l’occasion du séisme de Boumerdés (mai 2003) en assurant plusieurs semaines durant un pont aérien entre la France et l’Algérie, acheminant vers notre pays ses propres dons, ceux de nombreux français et des algériens expatriés. Il ne soufflera mot de ce généreux geste qu’à ses amis intimes. Le groupe Gofast et, plus particulièrement, la compagnie Aigle Azur subiront sur son instruction de profondes restructurations visant à moderniser leur management et à augmenter leur compétitivité. C’est ainsi que de nouveaux actionnaires (chinois et français) feront leur entrée dans le capital d’Aigle Azur pour conforter sa surface financière et élargir son marché jusqu’aux lointaines contrées de Chine.

Avec le sentiment du devoir accompli Arezki Idjerouidène se retire de la gestion directe de Gofast-Aigle-Azur pour ne garder que les attributs du propriétaire, à savoir, la présidence des conseils d’administration du groupe et de ses filiales. Il commençait à peine à jouir du repos auquel il ouvrait naturellement droit de par les souffrances physiques qu’il avait stoïquement endurées et les efforts qu’il avait inlassablement déployés, pour parvenir à ces indéniables succès entrepreneuriaux que sont, notamment, Gofast et sa filiale Aigle Azur, lorsque la mort la subitement ravi aux siens.

Un hommage particulier doit également être rendu à son épouse Bétina, car derrière les grands hommes il y a bien souvent des femmes exceptionnelles et son épouse en étant une. Elle était de tous les combats pour l’aider à monter le groupe Gofast et à le gérer du mieux possible tout en assumant à la perfection ses rôles d’épouse et de mère. Partageant sa douleur et celle de ses enfants, nous présentons à la famille du regretté défunt nos sincères condoléances ainsi que notre indéfectible soutien en cette bien douloureuse circonstance.

MDI Alger

A  notre regretté ami, nous disons ADIEU, mais aussi et surtout, BRAVO !!

Par: Nordine Grim

Bessa, Résidence la Pinède