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Indice des prix à la consommation en septembre, selon l’ONS

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Après une baisse amorcée en mai, qui s’est poursuivie en juin et juillet derniers, l’Indice des prix à la consommation (IPC) est reparti à la hausse à partir de août, et en septembre dernier, l’IPC a également enregistré une hausse bien qu’en deça de celle du mois précédent, selon le bulletin statistiques de l’Office national des statistiques (ONS).

Au mois de septembre 2023 et par rapport au mois précédent, l’indice général des prix à la consommation, au niveau national a enregistré une hausse de 0,6%. Les prix des biens alimentaires accusent une variation de +0,8%, selon l’ONS.

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Selon la même source, au mois de septembre 2023 et par rapport au même mois de l’année 2022, la variation des prix à la consommation est de +9,5%. Le rythme d’inflation annuel (octobre 2022 à septembre 2023 / octobre 2021 à septembre 2022) est de +9,4%

L’indice national des prix à la consommation est établi sur la base d’observation des prix effectuée auprès d’un échantillon de 17 villes et villages représentatifs des différentes régions du pays.

Ainsi, selon les données de l’ONS, l’indice brut des prix à la consommation de la ville d’Alger a enregistré une hausse de 0,7% en septembre 2023 par rapport au mois précédent, soit un taux proche de celui relevé au même mois de l’année précédente (+0,9% en septembre 2022 par rapport à août 2022).

Ce résultat (+0,7%), bien en deçà de celui observé au mois précédent (+2,2%), s’explique essentiellement par la hausse des prix des biens alimentaires qui affichent une variation de +0,9% contre une hausse de 4,2% accusée au mois précédent.

En effet, une baisse du rythme de hausse caractérise les prix des produits agricoles frais qui enregistrent un taux de +1,7% contre +8,4% observé au mois précédent. Toutefois, des hausses plus ou moins importantes définissent certains produits, notamment la viande de poulet (+19,3%), les fruits (+6,8%) et à un degré moindre la viande rouge (+2,9%).

En revanche, les prix des biens alimentaires industriels se distinguent par une baisse modérée de 0,1%. Les prix des produits manufacturés et des services inscrivent respectivement des hausses de 0,6% et de 0,1%.

En comparaison avec août 2022, l’évolution des prix des biens alimentaires a enregistré un taux de +13,9%. Les prix des produits agricoles frais inscrivent une variation de +24,1% avec un taux de +34,6% pour les légumes et +29,5% pour la viande et abats de mouton. Les prix des produits alimentaires industriels enregistrent une hausse de 3,7% avec un taux de +21,9% pour le café thé et infusion. Quant aux produits manufacturés et services, leurs prix ont augmenté respectivement de +6,2% et de +4,4%.

Les raisons de l’inflation en Algérie

Les raisons de l’inflation en Algérie avancées par le gouvernement algérien divergent de celles de la Banque Mondiale, qui a publié récemment son rapport de suivi sur la situation économique en Algérie. Si le gouvernement parle d’une inflation importée, la Banque Mondiale indique que l’inflation est due à des facteurs nationaux.

Concernant les prévisions de l’inflation pour la fin de l’année 2023 et les deux prochains exercices (2024, 2025), le gouvernement table sur une baisse de l’inflation pour la fin de l’année en cours et les deux prochains années. De son côté, la Banque Mondiale prévoit que le taux d’inflation reste supérieur à 9% cette année et devrait diminuer progressivement en 2024 et 2025.

Mi-octobre, le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, qui répondait aux préoccuapations des députés de l’APN sur la Déclaration de politique générale du gouvernement, parlait d’une inflation importée.

Evoquant les mesures prises pour lutter contre l’inflation, le Premier ministre avait indiqué que la Banque d’Algérie a pris une série de mesures, dont le taux de change nominal. Selon lui, « le taux de change réel nominal augmenté de 8,1% sur une base annuelle en juillet 2023, a contribué à la réduction de l’inflation importée ».

La semaine dernière, le ministre des Finances, Laaziz Faid, expliquait, devant le Conseil de la nation, que le taux d’inflation en Algérie connaît une tendance à la baisse depuis mai dernier, attribuant cette tendance aux mesures adoptées par le gouvernement pour accroître les capacités d’approvisionnement alimentaire et contrôler les prix.

« A partir du mois de mai dernier, l’indice des prix à la consommation a connu une baisse mensuelle successive », avait noté le ministre des Finances, prévoyant que le taux d’inflation pour l’année en cours devrait baisser à 7,5%.

De son côté, la Banque Mondiale a relevé dans son rapport que que l’inflation reste élevée en 2023, tirée par le prix des produits agricoles. Elle a atteint 9,7 % sur les huit premiers mois de 2023, celle des produits alimentaires atteignant 14,0 %.

« l’inflation devrait rester supérieure à 9 % en 2023

Au cours des 8 premiers mois de 2023, « l’inflation s’est accélérée à 9,7 %, celle des produits agricoles frais étant considérablement plus élevée (24,1 %), probablement en partie à cause de l’effet de la faible pluviométrie sur la production agricole, avec un impact disproportionné sur les ménages à faible revenu », selon le même rapport.

« Dans le même temps, la contribution des produits agroindustriels à l’inflation est tombée de 41,0 % au deuxième trimestre 2022 à 10,8 % au deuxième trimestre 2023 et celle des produits manufacturés est restée stable, les autorités ayant interdit les importations privées de céréales et de légumineuses, soutenu une appréciation du taux de change et tandis que l’augmentation des prix des produits alimentaires et manufacturés importés ralentissait », est-il expliqué dans le rapport de la Banque Mondiale, qui évoque des facteurs nationaux qui jouent un rôle plus important dans la dynamique de l’inflation.

« Étant donné que les produits agricoles frais et les services sont plus susceptibles d’être produits localement que les produits agroindustriels et les produits manufacturés, leur plus grande contribution combinée à l’inflation (de 32 à 60 % entre le T4-2022 et le T2-2023) suggère que les facteurs nationaux jouent maintenant un rôle plus important dans la dynamique de l’inflation », a expliqué la même source.

Concernant les prévisions pour la fin de l’année et les deux prochains exercices, la Banque Mondiale a indiqué que « l’inflation devrait rester supérieure à 9 % en 2023 » et « diminuer progressivement en 2024 et 2025 ».

« L’inflation alimentaire étant plus élevée que l’inflation globale, les ménages à faible revenu seront particulièrement exposés à une baisse de leur pouvoir d’achat », relève la Banque Mondiale, et d’ajouter : « Cependant, les resserrements récents des contrôles du prix des céréales et légumineuses pourraient limiter les augmentations des prix des produits agroindustriels, exerçant plutôt une pression sur le coût des dépenses publiques de subventions universelles. »

« L’inflation devrait diminuer progressivement en 2024 et 2025, à mesure que la pluviométrie retrouve un niveau normal, que la croissance de la masse monétaire, celle des dépenses publiques et celle des prix alimentaires à l’importation s’atténue, et en raison de l’effet différé de l’appréciation du dinar », prévoit la même source.

Et d’ajouter : « Par ailleurs, la mise en œuvre de politiques qui renforcent la compétition entre entreprises sur le marché des biens et services, et qui renforcent la sécurité alimentaire face aux chocs climatiques, permettraient de limiter les hausses de prix à plus long terme. »

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