Education : Ouadjaout propose une batterie de réformes urgentes

Education: L’Unpef appelle à une journée de protestation ce mercredi

Faisant un constat alarmant de la situation du système éducatif en Algérie, le ministre de l’éducation, Mohamed Ouadjaout, a suggéré une série de mesures urgentes afin d’améliorer la qualité de l’éducation.

Intervenant lors du conseil des ministres tenu lundi, Ouadjaout est revenu sur des vérités qui caractérisent l’école nationale. Il a notamment parlé du recul des filières Mathématiques et Math techniques et de l’Enseignement technologique. Le ministre a expliqué que la mémorisation et restitution (parcoeurisme) prédomine dans l’école sur la réflexion scientifique et logique ainsi que l’esprit d’initiative.

Pour remédier à cette situation, et améliorer les conditions de la scolarisation, le ministre a suggéré la mise en place d’une batterie de mesures d’urgence englobant l’allègement du poids du cartable grâce à des fiches pédagogiques. il veut aussi l’élargissement des instituts de formation des personnels et la révision du système de formation spécialisée et continue.

Dans son exposé, Ouadjaout a appelé à la promotion des filières Mathématiques et Math techniques pour augmenter le taux d’accès à ces filières, estimé actuellement à 3.46%. Pour y arriver des mesures incitatives seront prises pour encourager les élèves à s’orienter vers ces filières, comme la possibilité d’accès aux spécialités très demandées comme la médecine et la pharmacie.

L’objectif de cette réforme est l’augmentation du taux d’accès à l’enseignement technologique, estimé actuellement à 15.8% alors que la moyenne mondiale est de 30%. Cette approche vise une réforme sérieuse du système éducatif pour permettre aux citoyens de constater le changement radical dès la rentrée scolaire 2020-2021.

Un baccalauréat professionnel

Cette année est caractérisée par l’instauration d’un baccalauréat professionnel, dans le secteur de la formation et l’enseignement professionnel.

Lors de son exposé au Conseil des ministres, la ministre de la formation et de l’enseignement professionnel explique que la concrétisation de ce projet requiert la prise de mesures urgentes. Une ingénierie pédagogique spécifique au Baccalauréat professionnel devra être mise en place, en collaboration avec les ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Il faudra aussi créer un Office d’examens et de concours propre au secteur et la préparation de la rentrée professionnelle 2020-2021.

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la stratégie visant à la réalisation d’un décollage économique nécessaire au développement, ce qui implique le lancement de la numérisation du secteur durant la période 2020-2022. La modernisation des outils de gestion administrative et comptable, l’adaptation de la formation professionnelle à l’environnement économique à travers la promotion de la formation continue, l’ouverture d’un institut national spécialisé dans le domaine de l’agriculture saharienne au niveau de chaque wilaya du Sud seront aussi des objectifs.

Pour sa part, le président de la République a précisé que l’Algérie a franchi de grands pas en termes de nombre de spécialités de la formation professionnelle. Il a mis en avant, dans ce sens, la nécessité d’introduire de nouvelles matières dans le cadre de la modernisation du développement, en adéquation avec les besoins de l’économie nationale, à l’image de l’intelligence artificielle et de l’énergie solaire.

Après avoir demandé l’approfondissement de l’étude sur le Baccalauréat professionnel afin qu’il apporte un plus qualitatif au système de Formation, le président de la république a instruit la mise en place d’un Baccalauréat professionnel artistique afin de combler le manque dans le domaine de la production culturelle en général, et de l’industrie cinématographique en particulier, au vu des recettes qu’elle génère pour l’économie et sa capacité à barrer la route à l’invasion culturelle.