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Mobile/Fin du SKD : Les opérateurs appellent à surseoir à la décision

Le collectif des « fabricants des produits électroniques, électroménagers, IT & Mobiles », a a dressé, ce lundi, un courrier à la ministre de l’Industrie, dans lequel il appelle le gouvernement à « surseoir à la décision de suppression du régime SKD de téléphonie mobile ».

« Nous n’avons aucune intention de nier que les taux d’intégration actuels sont infimes mais il faudrait tout de même souligner que les perspectives de son amélioration sont importantes, d’autant plus que c’est les producteurs eux-mêmes qui ont longtemps appelé, depuis 2015, à la mise en place du dispositif CKD relatif à la filière téléphonie mobile », écrit le collectif dans son courrier adressé à la ministre Djamila Tamazirt.

Risque de perte de 6.000 emplois directs et 20.000 emplois indirects

« Nous attirons votre attention que cette mesure, qui prévoit de mettre au même pied d’égalité les producteurs et les importateurs, n’est pas sans induire des conséquences négatives et dramatiques sur la filière du montage de téléphonie mobile », prévient le collectif, citant, notamment, le risque de perte de 6000 emplois directs et 20000 emplois indirects, la perte d’investissement « en devises de surcroît », l’encouragement de « la prolifération du marché parallèle de téléphones et de la devise » ou encore la perte du « développement technologique, acquis et potentiel ».
La même source a rappelé que « les producteurs ont consenti des investissements colossaux, en devises de surcroît, afin de mettre en place les unités de montage, lequel investissement qui risque de disparaitre », estimant que, cette décision « ne manquera pas de susciter la perte de la relation de confiance développée avec les opérateurs étrangers de marques mondiales ».
Le collectif souligne que « la mise en place d’une industrie de montage a le mérite d’asseoir une discipline dans le marché de la téléphonie mobile, notamment, en ce qui concerne l’origine des marques, la garantie des produits et la prise en charge du client ». « Ainsi, la suppression de ce dispositif conduira fatalement au retour de la prédominance du marché parallèle », prévient-il encore.

Le régime SKD a permis de faire baisser la facture d’importation des téléphones mobiles

« Il importe de rappeler que la facture d’importation a toujours été élevée, et a connu une ascension fulgurante, notamment suite à l’avènement de la 3G et la 4G en Algérie, en enregistrant l’évolution suivante », rappelle le collectif, relevant que cette facture « était supérieure à 400 Millions USD en 2014, 530 millions USD en 2015 et à 650 millions USD en 2016 ».
Il rappelle également que « durant toutes ces années l’importation des téléphones mobiles était majoritairement en produits finis et soumise à un droit de douanes réduit à 5%. En 2017, la facture a baissé à moins de 230 millions subséquemment à l’interdiction de l’importation de produits finis. En 2018, la facture a atteint 511 Millions, suite à la conversion des importations produits finis vers l’industrie de montage local (SKD). »
Le collectif appelle le gouvernement à « surseoir à la décision de suppression du régime SKD de téléphonie mobile, à réviser à la hausse les droits de douanes du régime SKD de téléphonie mobile tout en maintenant le DAPS (surtaxe) pour le produit fini, ainsi qu’à mettre en place un comité mixte (ministère de l’industrie-Collectif des fabricants) pour travailler sur un plan de conversion du régime SKD vers le régime CKD ».
« Nous sommes persuadés que les pouvoirs publics n’accepteraient jamais de sacrifier un secteur productif au détriment d’une orientation import-import hautement défavorable aux producteurs nationaux et très préjudiciable à l’économie nationale », conclut le collectif, en rappelant que le dispositif SKD « continue à exister partout dans le monde ».

Djamila Tamazirt : « Il n’y pas de montage de téléphone portable en Algérie »

Dimanche, en marge de sa visite dans la wilaya de Tizi-Ouzou, la ministre de l’industrie et des mines, Djamila Tamazirt a déclaré qu’il n’y pas de montage de téléphone portable en Algérie, et que les opérateur activant dans ce domaine faisaient de l’importation.

« Nous n’avons pas décidé de geler l’activité des usines qui produisent des téléphones portables, mais mettre fin aux avantages d’exonération », a-t-elle expliqué, précisant que « les opérateurs activant dans ce secteur sont exonérés des droits et taxes d’importation de leurs kits ».

Selon la ministre, « il se trouve qu’il n’y pas de montage dans cette activité, mais ce sont des téléphones complets qui sont importés, donc ils ouvrent droit à continuer leur activité mais avec le droit commun, et non pas avec les avantages du montage ».

« Si l’État donne des avantages à un opérateur, c’est pour gagner en contrepartie une intégration et une industrialisation. Ce qui n’est pas le cas avec les téléphones portables, à la différence des voitures et de l’électroménager, où il y a un taux d’intégration que nous suivons jusqu’à la cinquième année, et pour lesquels des avantages sont accordés », a expliqué Djamila Tamazirt.

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