Mebtoul : « Les révélations d’espionnage posent la problématique de la maîtrise des nouvelles technologies»

Les révélations d’espionnage du programme NSO –PEGASUS posent la problématique de la sécurité  nationale  et de la maîtrise  des nouvelles technologies. C’est ce qu’estime le professeur Abderrahmane Mebtoul.

Pour lui, la maîtrise des nouvelles technologies reposant sur le savoir est le défi principal du XXIème siècle, engageant la sécurité mondiale  et toute inadaptation à ces mutations isolerait encore plus le pays.

« L’organisation Forbidden Stories et 17 rédactions viennent  de révéler  un important scandale qui touche tant la sécurité des Nations que la vie privée des citoyens. Ainsi, le monde est devenu une grande maison de verre.  L’infrastructure de l’Internet se répand aujourd’hui autour du monde pour créer un large réseau mondial et ce grâce à l’informatique qui permet aujourd’hui de numériser les informations et de gérer de nouveaux systèmes », indique MMebtoul.

Selon le professeur, l’Algérie est un des pays  en retard dans  la transition numérique, malgré des discours de certains responsables déconnectés de la réalité vivant toujours du mythe de la rente des hydrocarbures et des industries mécaniques du passé, faute de vision stratégique de la transformation du nouveau monde.

Ainsi,  précise-t-il, le rapport annuel mondial sur l’économie numérique (Network Readiness Index (NRI 2020)), a classé l’Algérie  sur 134 pays  à la 120ème place en matière de gouvernance numérique.  La bureaucratie, héritage d’une économie administrée, constitue une des contraintes les plus fortes et dont l’éradication est absolument nécessaire pour insuffler  la dynamique au développement dans le cadre d’une libéralisation maîtrisée conciliant l’efficacité économique et une profonde justice sociale. Le monde est  à l’aube d’une quatrième révolution économique et technologique, fondée sur deux fondamentaux du développement du XXIème siècle, la bonne gouvernance et l’économie de la connaissance, avec comme trajectoire la transition numérique et la transition énergétique.

« Le statu quo étant suicidaire, n’existant pas de situation statique,  plus on diffère les réformes, plus on épuise les réserves de changes  avec le risque  du retour au FMI horizon 2022, ce qu’aucun patriote  ne souhaite », conclut le professeur.