Plainte déposée par les fils de Gaïd Salah : le directeur d’El Watan devant le tribunal d’Annaba le 28 septembre

Plainte déposée par les fils de Gaïd Salah : le directeur d'El Watan devant le tribunal d'Annaba le 28 septembre
Le directeur de publication du journal El Watan, Tayeb Belghiche, devra se présenter le 28 septembre 2020 devant le tribunal de Annaba suite à la plainte déposée par Adel et Boumediène, fils de l’ancien chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, après la publication d’un article le 31 août dernier sous le titre « Les enfants de Gaïd Salah détenteurs de nombreux biens : Les détails d’une fortune à l’ombre du général ».
 
Selon El Watan, les plaignants ont jugé que l’article en question était «attentatoire à leur honneur et à leur considération » et à celui de leur défunt père « en sa qualité de chef d’état-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense nationale avant son décès », ce qui est, selon eux, « exprimé clairement dans le titre ».
 
Estimant également que « les faits qui leur sont attribués dans l’article sont sans fondement », les deux fils de Gaïd Salah se sont appuyés sur l’article 296 du code pénal (atteintes portées à l’honneur et à la considération des personnes), a précisé le journal, en ajoutant que Adel et Boumediène se sont constitués partie civile pour réclamer « réparation ».
 
Cité dans dans un article de l’édition de ce lundi du journal, le directeur de la publication d’El Watan a dit « ne pas comprendre cette plainte ». « On nous accuse de diffamer le défunt Ahmed Gaïd Salah, alors qu’à aucun moment il n’a été cité, si ce n’est pour identifier l’affiliation des mis en cause.» «Nous sommes sereins », a ajouté Tayeb Belghiche, en rappelant que « ce n’est pas la première fois que le journal est confronté à la justice ».
 
Le journal a rappelé que « l’article en question, qui évoquait les «enquêtes déclenchées par les services de sécurité sur Adel et Boumediène» qui «se penchent sur l’origine de leurs biens» en y citant quelque-unes de leurs entreprises, avait suscité beaucoup de réactions et commentaires, notamment sur les réseaux sociaux. Le journal avait indiqué dès le lendemain que sa une avait provoqué également une «réaction inattendue en haut lieu». »
 
El Watan a tenu à préciser que son article sur les enfants de Gaïd Salah « ne visait nullement l’institution militaire ». « L’article intervient aussi quelques jours après la divulgation de l’information, non démentie à ce jour, de la mise sous ISTN de Adel et Boumediène depuis le 18 août », a encore précisé le journal.
 
Après la publication de cet article sur la fortune des fils du défunt chef d’état-major de l’armée, le journal El Watan a été privé de la publicité publique distribuée par l’ANEP.
 
« Je confirme que le journal a été privé de publicité publique après la publication de cet article » , a déclaré à l’AFP Tayeb Belghiche. « C’est comme à l’époque de Saïd et Abdelaziz Bouteflika (l’ex-président déchu et son frère). Ce sont des pressions et des chantages intolérables », a-t-il dénoncé.