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Pr Belhadj : « le système de santé est le maillon faible de la politique sociale de l’Etat algérien »

Dimanche, lors de la réunion du Conseil des ministres, le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a enjoint au ministre de la Santé de préparer, pour la prochaine réunion du Conseil des ministres, un état des lieux sur la situation et la gestion des hôpitaux à travers le territoire national.

A ce propos, le directeur des activités médicales et paramédicales au CHU Mustapha Pacha, le Pr Rachid Belhadj, a souhaité que que ceux qui seront chargés de mener cette opération vont faire un état des lieux réel, exhaustif et se dire toute la vérité. « J’espère que le ministère de la Santé dira que la vérité et rien que la vérité concernant l’état des lieux de nos hôpitaux », a-t-il indiqué, ce mardi, sur les ondes de la radio chaîne 3.

Rappelant qu’il travaille depuis 28 ans dans l’un des plus grands hôpitaux algériens, el CHU Mustapha, il a indiqué que « je ne vais pas dire que la situation est catastrophique », en relevant qu’il y a des choses qui ont été faites, mais il reste beaucoup de choses à faire. Pr Belhadj a considéré que « l’un des maillon faible de la politique sociale de l’Etat algérien, c’est le système de santé ».

« En décembre 2021, il y a eu les assises sur la santé. On avait le ministère de la Santé, de la Réforme hospitalière et de la Population, puis on l’a changé et devenu ministère de la Santé. On avait même créé un ministère de la Réforme hospitalière », a-t-il rappelé, et d’ajouter : « Beaucoup de choses ont été dites, mais dommage, à ce jour, des dossiers clés tels que la numérisation, la mutualisation, la contractualisation, l’humanisation et l’accueil du citoyen, restent à l’arrêt ».

« On ne peut pas dissocier le problème de gestion des structures hospitalières sans aborder le système de santé et la sécurité sociale. Ce sont des dossiers très importants. J’espère que dans cette démarche, le ministère de la Santé essaie d’associer d’autres secteurs dans l’analyse de la situation des hôpitaux », a-t-il indique, en explquant que « le problème de la santé n’est pas inhérent au ministère de la Santé uniquement, il y a d’autres secteurs qui doivent nous aider à développer notre système de santé. »

Le président du Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (SNECHU) a énuméré les nombreuses insuffisances et les difficultés dans lesquelles végète le secteur de la santé. Il a cité le manque de personnel, une politique salariale injuste, une organisation désuète, des pénuries récurrentes de médicaments, etc. Tant de problèmes qui empêchent le secteur de la santé d’assurer sa mission, a-t-il déploré.

Selon lui, pour respecter la dignité humaine, il faut bien accueillir et prendre en charge les patients. Pour cela, a-t-il pouisuivi, il faut avoir une ressource humaine et des financements. « Les ressources humaines qualifiées, il faut les sauvegarder en les formant et les perfectionnant », a-t-il indiqué, en donnant l’exemple du CHU Mustapha Pacha où il exerce.

« Là où je travaille, il y a 5.000 employés. Est-il normal de donner un salaire mensuel de 70.000 dinars à un manager (le DG) qui gère un méga CHU? », a-t-il interrogé, en appelant à revoir la politique salariale de tous les intervenants. « On veut développer la gestion managéériale de services », a-t-il dit, en estimant qu' »il faut budgétiser et évaluer les services ».

Le Pr Belhadj a également insisté sur la formation du personnel de santé qui va prendre en charge le citoyen. Selon lui, il faut éviter la déperdition des compétences qui partent à l’étranger.

« Est-ce normal, vous allez dans un grand CHU et à minuit, si vous voulez opérez quelqu’un, vous l’envoyer pour faire son bilan pré-opératoire juste à côté dans une clinique privée? », a-t-il encore interrogé. « Ce n’est pas normal et c’est le cas actuellement », a-t-i ajouté.

Selon lui, il faut aussi régler les problèmes d’hygiène, d’insécurité, de stationnement…etc. « Il ne faut pas que nous, les Professeurs, nous soyons noyés dans nos activités par ces faux problèmes ».

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