Voitures électriques : une première borne de recharge bientôt installée à Alger

Véhicule électrique en Algérie : Entre réalité et discours officiel

Le ministre de la Transition énergétique et des énergies renouvelables, Chems Eddine Chitour, s’est exprimé, mardi 4 mai 2021, sur l’introduction prochaine des véhicules électriques dans le marché automobile algérien. Le ministre a révélé qu’une première borne de recharge, produite à 100% par une entreprise algérienne, sera installée « symboliquement » dans quelques jours dans une pompe de Naftal à Cheraga à l’Ouest d’Alger, en prévision  de  l’importation  des   voitures  électriques  par   l’Algérie.

Pour rappel, le cahier des charges régissant l’activité d’importation de véhicules neufs est en cours de modification. Lors du Conseil des ministres présidé par le chef de l’Etat le 18 avril, ce dernier a donné des instructions concernant le dossier de l’importation de véhicules neufs. Parmi ces instructions, le président Tebboune a ordonné l’ »affectation d’un quota de 15% du total des véhicules importés aux véhicules électriques, à condition de réduire au minimum des véhicules diesel ».

Dans un entretien accordé au site spécialisé « carvision.dz« , le ministre Chems Eddine Chitour a indiqué : « Je vous le dis de suite. Je suis de ceux qui sont réticents concernant une industrie automobile thermique en Algérie. Cette option est de plus en plus abandonnée à travers le monde. Il sera donc illusoire que de mettre en place une industrie qui n’aura que quelques années à vivre. Le monde change, l’industrie automobile aussi, et très vite ! »

« Il faut aller vers l’électrique non pas parce que c’est une mode, mais parce que c’est une révolution à ne pas rater. Ne pas rater cette révolution industrielle, veut dire initier toute action qui contribuerait à la réussite de cette transition », a plaidé le ministre qui a ajouté : « Malgré les contraintes que l’on peut rencontrer, il faut effectivement considérer que la transition énergétique est une véritable opportunité pour nous doter d’une industrie automobile moderne, avec une vision claire sur l’avenir. Pour ce faire, l’option électrique est inévitable. Elle permettra au pays de mettre les pieds dans la modernité tout en intégrant une industrie pérenne, porteuse en termes de création d’emplois et respectueuse de l’environnement. »

Le ministre de la Transition énergétique et des énergies renouvelables a détaillé les économies d’énergie qu’on peut faire avec l’usage des voitures électriques. « (…) Avec 12 kW, vous pouvez rouler sur 100 km et le KW, nous le payons à 4 Da. Or, pour la même distance, il vous faut 7 litres d’essence soit 300 Da. Entre 300 Da et 50 Da, il y a un bénéfice énorme. Même si l’électricité actuelle est encore fossile, graduellement, elle sera renouvelable », a-t-il expliqué.

Pour ce qui est de la contrainte liée à l’implantation d’un réseau de bornes de recharge, Chems Eddine a fait savoir : « nous sommes sur le point d’installer la première au niveau de la pompe Naftal de Cheraga (Ouest d’Alger, ndlr). Cette borne est produite à 100% par une entreprise algérienne.Cela veut dire que les compétences et la maîtrise technique existent dans notre pays. Cette première borne qui sera installée dans quelques jours, sera symboliquement le début du lancement du réseau de bornes de recharge dans le pays. »

« Ce travail sera long et difficile car il s’agit de faire évoluer les mentalités, de modifier des habitudes de consommation fortement ancrées », a estimé le ministre, expliquant : « Afin de vulgariser l’usage des véhicules électriques, il est nécessaire que les administrations publiques s’impliquent. A ce titre, j’ai suggéré au Premier ministre de rouler en voiture électrique pour donner l’exemple. Nous allons en importer même s’il faut raisonnablement opter pour un véhicule de moyenne gamme. L’essentiel étant de faire valoir que l’option de la voiture électrique est lancée de manière résolue. Dans cette optique, si un projet industriel de fabrication de véhicules est mis en place, de mon point de vue, il est évident qu’il faut qu’il soit dédié à la production de voitures propres. »

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