Affaire du fuel défectueux : Deux navires de Sonatrach mis sous séquestre au Liban

Affaire du fuel défectueux : Deux navires de Sonatrach mis sous séquestre au Liban

Deux navires de Sonatrach ont été mis sous séquestre au Liban dans le cadre de l’affaire du fuel défectueux dans laquelle est mise en cause une filiale de la compagnie nationale des hydrocarbures, rapporte le média local L’Orient Le Jour.

Pour justifier la pénurie de fuel sur le marché libanais, alors que l’approvisionnement en courant électrique dans le pays est rationné et que les libanais se plaignent de ce rationnement drastique en électricité qui devrait durer jusqu’au 8 juillet, le ministre libanais de l’énergie, Raymond Ghajar, cité par la même source, a mis en cause, jeudi, la mise sous séquestre de deux navires d’une filiale de Sonatrach transportant du carburant vers le Liban. « Le rationnement est dû à un manque de fuel. Si le fuel prend tant de retard à être livré, c’est à cause d’une affaire judiciaire », a déclaré Raymond Ghajar.

« Sonatrach refuse de nous livrer le fuel avant la levée du séquestre sur ses deux navires », a affirmé le ministre libanais. « Après cette levée, nous reviendrons au contrat qui était en vigueur », a-t-il expliqué. « Il n’y a pas de raisons financières derrière ce rationnement et 60.000 tonnes de fuel doivent être livrées la semaine prochaine. L’alimentation va s’améliorer avec la première livraison, et la seconde se fera cinq jours plus tard. La troisième doit intervenir le 17 juillet », a précisé Raymond Ghajar, ajoutant que « le rationnement durant le weekend sera similaire à celui qui a lieu aujourd’hui ».

L’Orient Le Jour a rappelé que « sur fond du scandale du fuel frelaté livré par la compagnie publique algérienne Sonatrach, la procureure générale près la cour d’appel du Mont-Liban, Ghada Aoun, avait demandé fin mai à la Direction des douanes de saisir le navire de transport de carburant Asopos qui s’est avéré chargé de fuel frelaté destiné aux centrales électriques de Zouk et de Jiyé, et qui se trouve actuellement au large du port de Jounieh. Un autre navire de la compagnie semble également avoir été mis sous séquestre. »

Le contrat liant Sonatrach et Electricité du Liban (EDL) arrivera à échéance le 31 décembre 2020. Alors les autorités libanaises ont décidé de maintenir le contrat de Sonatrach, cette dernière avait annoncé, comme cela été rapporté dans la presse, de ne pas renouveler ce contrat avec le Liban.

La justice libanaise s’était saisie de l’affaire de ce fuel défectueux et l’enquête avait débouché sur plusieurs mandats d’arrêt, notamment à l’encontre de Tarek Faoual, représentant de Sonatrach au Liban. D’autres mandats d’arrêt par défaut avaient été lancés à l’encontre notamment d’Ibrahim Zouk, directeur exécutif de ZR Energy DMCC, et du directeur général des installations pétrolières, Sarkis Hleiss. Un mandat d’amener a été également émis à l’encontre de Teddy Rahmé, PDG de ZR Energy. La directrice générale du pétrole au sein du ministère de l’Énergie, Aurore Feghali, a été brièvement incarcérée avant d’être libérée sous caution.

Du côté algérien, le président de la République a instruit le ministre de la justice d’ouvrir une enquête sur l’affaire de la vente de carburant au Liban, avait indiqué le porte-parole de la présidence, Belaïd Mohand-Oussaïd, qui a considéré cette affaire comme étant « libano-libanaise et que l’Algérie en tant qu’Etat n’est pas du tout impliqué ».

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