Procureur : Ce procès est une leçon pour les prochains responsables

Dans une plaidoirie effectuée ce matin au tribunal de Sidi M’hamed, le procureur de la République, a prononcé les accusations contre les hommes d’affaires et responsables politiques accusées dans l’affaire du montage automobile ainsi que celle du financement de la campagne du cinquième mandat de Bouteflika.

En débutant le quatrième jour du procès au Tribunal de Sidi M’hamed, le procureur a signalé que cette affaire constitue « un procès historique dans la justice algérienne, ou des hauts responsables sont poursuivis selon le principe de l’instauration de la justice pour tous ». « Ce procès est une leçon pour tous ceux qui vont prendre des postes de responsabilité », indiquant que « personne n’est au-dessus de la loi » a-t-il  ajouté.  Selon lui, le peuple « était victime de leurs corruptions au point où il a perdu confiance dans les institutions de l’État et il a même perdu confiance dans la justice ».

« Les accusées ont bénéficié d’avantages fiscaux et douaniers illégaux et ils n’ont réalisé aucune industrie et le citoyen ne peut toujours pas acheter son véhicule », a souligné le procureur de la République, qui précise que « le cahier de charge n’était pas légal et il n’était même pas respecté ».

Prononçant les accusations, le procureur a souligné que Abdeslam Bouchoaureb, ancien ministre de l’industrie, est accusé de posséder plusieurs biens et investissements non confirmes à la loi. Il a reçu une villa de 60 milliards de la part de l’investisseur Larbaoui, en plus de plusieurs immobiliers non déclarés.

Ahmed Ouyahia, ex-premier ministre, quant à lui, est accusé d’émettre des correspondances au ministre de l’industrie pour donner des avantages à l’investisseur Mohamed Mazouz, six mois avant son acquisition du cahier de charge, et avoir refusé de donner des autorisations pour d’autres investisseurs. Il est accusé aussi de blanchiment d’argent et de donner des avantages illégaux. Il possède des comptes bancaires non déclarés avec des sommes d’argents non justifiées, ce qui laisse entendre qu’elles sont issues du blanchiment d’argent, a souligné encore le procureurs.

En 2017, Ouyahia a demandé au ministre Bouchaoureb Abdesslam de ne recevoir aucun dossier d’investissements dans l’automobile, ce qui veut dire que la liste était déjà prête, a indiqué le procureur.

C’est Sella qui avait demandé de donner une parcelle de terre à Bairi Mohamed, malgré la vocation agricole du terrain et a introduit son fils comme actionnaire dans le groupe Mazouz sans aucun apport financier.  Il est accusé aussi, dans le cadre du financement du 5e mandat, d’abus de fonction et de blanchiment d’argent.

Youcef Yousfi, ex-ministre de l’industrie est accusé d’avoir éliminé plusieurs investisseurs de la liste des constructeurs automobiles dont Achaibou, Rebrab, et Amine auto. Les décisions accordées par Youcef Yousfi ont induit des pertes équivalentes à 29 milliards de dinars au trésor public.

Mahdjoub Bedda, ex-ministre de l’industrie, est accusé d’abus de fonction et d’avoir donné des avantages illégaux pour des investisseurs selon un cahier de charge illégal préparé par l’ancien ministre Bouchouareb sans changer les règles de la commission ni ses membres. Il a causé des pertes équivalentes à 51 milliards de dinars. Par ailleurs, Zaalane est accusé d’abus de fonction et de financement occulte de la campagne de Bouteflika.

Nouria Zerhouni est accusée d’abus de fonction et d’avoir donné une parcelle de terrain de type agricole à Mohamed Bairi lorsqu’elle était wali de Boumerdes.

Par ailleurs, les hommes d’affaires sont accusés notamment dans le financement de la campagne du 5ème mandat et aussi l’obtention d’avantage illégaux, à l’instar de Hacène Larbaoui, qui est accusé de blanchiment d’argent, signature de contrats illégaux, financement du 5ème mandat et d’enrichissement illégal. De même pour Mohamed Mazouz.  Ali Haddad  est poursuivi, quant à lui, pour financement occulte de la campagne.

Bessa, Résidence la Pinède