Le souci d’imposer un candidat choisi par l’armée toujours présent !

Désespérément accroché au pouvoir, Abdelaziz Bouteflika fut poussé par l’état major de l’armée à remettre, face aux caméras, sa démission au président du conseil constitutionnel qui n’avait d’autres choix que celui de l’accepter solennellement.
Le départ de ce potentat qui avait pris en otage le pays avec l’appui de ses frères et de certains clans mafieux, sera la première grande victoire de cette révolte populaire pacifique, qui en enregistra bien d’autres encore tout au long de son parcours qui n’est, à ce jour, pas prêt de s’achever tant le système qui a sévi vingt années durant a eu le temps de s’enraciner très profondément dans la société.

Si l’état major de l’armée était effectivement résolu par mesure de survie, à se débarrasser de ce vieux président grabataire massivement rejeté par le peuple et qui faisait la risée de nos partenaires étrangers, il n’était absolument pas question pour lui de céder la réalité du pouvoir qu’il a de tout détenu, au peuple algérien qui le réclamait en exigeant l’application des articles 7 et 8 de la constitution qui lui confiait la souveraineté sur le choix de son destin politique.

Pour noyer cette exigence populaire, le haut commandement militaire fera œuvre de diversion l’article 102 de la constitution qui lui permet d’activer des institutions et des hommes, qui lui sont totalement dévouées, avec lesquelles il pouvait coopter, comme il en avait l’habitude, un président de la république à ses ordres.

Par sa poursuite et son ampleur la révolution du 22 février faussera heureusement ce calcul machiavélique en obligeant le pouvoir incarné par le Chef d’état major Ahmed Gaid Salah, le chef d’État par intérim Abdelkader Bensalah et le premier ministre, Nourdine Bédoui, à annuler après maintes tergiversation l’élection présidentielle prévue pour la 4 juillet 2019.

MDI Alger

Une décision à enregistrer comme une autre victoire significative du Hirak qui poursuit son chemin afin d’imposer sa souveraineté sur ses choix politiques se résumant par le départ des résidus toxiques du « Bouteflikisme » incarnés par Gaid Salh, Bensalah et Bedoui et la mise ne place d’une instance nationale de transition confiée à des hommes compétents et crédibles, judicieusement choisis par le peuple algérien.

Conscient que cette vision populaire pouvait signifier la fin du système politique qui confiait la réalité du pouvoir aux hauts gradés de l’armée, l’état major continuera à imposer sans aucune base juridique défendable,un nouveau report du scrutin présidentiel dont ils ne donnera pas la date, tout en maintenant le chef d’État par intérim et son premier ministre à leurs postes, en tentant d’amadouer le peuple par une vaste opération d’incarcération d’hommes d’affaires véreux et d’ex hauts dirigeants politiques et militaires impliqués dans des actes de corruption.
Une opération mains propres que la population semble apprécier, sans toutefois la dévier de son objectif d’instaurer une nouvelle république qui rompt définitivement avec ce vieux système permissif à toutes les dérives mafieuses.
Ne désespérant de voir ce grand mouvement populaire péricliter par la force du temps, de la répression et des coups fourrés qui lui sont quotidiennement portés   l’objectif de l’état major militaire reste le même,à savoir, confier l’organisation de l’élection présidentielle à des institutions et des hommes qui lui sont soumis, dans le seul but d’injecter le « candidat du consensus » que les satellites traditionnels du pouvoir se dépêcheront d’élire comme d’habitude dans une parodie de scrutin où le gagnant est connu d’avance.
Même si on n’en connaît pas encore la date de l’élection, les satellites en question sont déjà mis à contribution et , selon les propos même du chef de l’état major de l’armée, ce futur président de la république intransigeant, qui j’en suis sûr sévira contre les corrompus » serait déjà connu   On a vu apparaître ces soutiens inconditionnels aux options du pouvoir,  lors de la conférence sur le dialogue national qui s’est déroulé le samedi 6 juin dernier à l’École d’Hôtellerie de Bainem.
Tous d’accord pour soutenir le discours d’Abdelkader Bensalah appelant à un dialogue qui permet d’aller le plus vite à l’élection présidentielle et par voie de conséquence au soutien du candidat qui aura l’aval du haut commandement militaire.
Appartenant pour la plupart à la mouvance islamo-conservatrice ou à la « famille révolutionnaire » du FLN, les participants ne sont autorisés aucun écart envers le pouvoir aujourd’hui incarné par le chef d’état major de l’armée et le chef d’État par intérim.
Les questions qui fâchent, comme l’incarcération illégale d’une figure historique de la révolution et de manifestants portant l’emblème amazigh ainsi que la montée de la répression policière, ont été zappées sans aucun état d’âme.
Seule la volonté de servir les chefs du moment d’en être ultérieurement récompensés, avait prévalu tout au long de cette conférence où il n’y eu en réalité aucun débat, mais seulement des discours d’allégeance.
Ce qui a fait dire à de nombreux observateurs que cette rencontre avait un tout autre agenda que celui du Hirak.
Elle a même agi à contre courant de la mobilisation du peuple algérien qui réclame depuis bientôt cinq mois, le départ des résidus du régime de Bouteflika, comme préalable non négociable, à toute élection que les algériens veulent organiser eux même, comme les y autorisent les articles 7 et 8 de la constitution.
Ils l’ont réclamé haut et fort au cours de 20 vendredi de manifestations nationales valant référendums et continueront, affirment de nombreux manifestants (koul el djemaa khardine), à le faire aussi longtemps que possible, sans toutefois comprendre pourquoi le pouvoir et ses traditionnels satellites apparus lors de la conférence sur le dialogue, refusent de comprendre cette évidence.

Bessa, Résidence la Pinède