Mohcine Belabbas : « il n’appartient pas à Gaid Salah de fixer les termes du dialogue »

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Réagissant, ce lundi, au dernier discours du chef de l’Armée qui a appelé à un dialogue sérieux entre tous les Algériens, le président du RCD, Mohcine Belabbas, a estimé qu' »il n’appartient pas à Gaid Salah de fixer les termes du dialogue ».

« Le traitement de la crise par la constitution a vécu. Les entourloupettes des laboratoires du pouvoir de fait ne peuvent tromper personne. A force de manipulations et de manœuvres les décideurs officiels se retrouvent nus. Leurs échecs à répétition ne doivent être imputés à aucune institution en tant que telle. Seules les personnes ayant squatté les centres de décision durant ces deux derniers mois et s’étant entêtés à imposer un calendrier sans consultations ni vision assumeront la responsabilité de l’impasse », écrit Mohcine Belabbas dans un communiqué diffusé sur sa page Facebook.

« Par contre l’entêtement du chef de l’État-major de l’armée à aller à une présidentielle sans passer par une période de transition constituante doit être dénoncé et stoppé. Il n’a pour but que de spolier le peuple algérien de sa révolution pour installer de nouveaux hommes liges du pouvoir de fait », estime le président du RCD.

Il rappelle que « le dialogue est un moyen civilisé que l’opposition a toujours prôné et espéré », ajoutant qu' »il reste qu’il n’appartient pas à Gaid Salah de fixer les termes du dialogue. Exclure d’autorité toute idée de transition qui tourne la page de l’autoritarisme relève d’un hold-up de la mobilisation et de la souveraineté du peuple en lutte ; l’absence criarde de discernement et de vision du vice ministre de la défense nommé par le président déchu s’impose de plus en plus comme un facteur de blocage au dénouement de la crise. »

« L’heure n’est pas pour vous donner une fausse bonne conscience en rejetant la responsabilité sur d’autres acteurs, l’opposition notamment. Après l’échec de votre tentative de vous présenter en sauveur maintenant vous invitez à un dialogue de dupe. Obnubilé par le sauvetage de ce qui peut l’être dans votre système, vous êtes toujours à la traîne on ne préparant jamais le coup d’après », écrit-il encore à l’adresse de Gaïd Salah.

« Pour notre part, nous voulons un dialogue vrai, sincère et fécond. Oui, nous voulons un dialogue ouvert et productif sur les problèmes de fond qui ont handicapé notre pays et la façon de sortir des crises cycliques que notre pays traverse depuis 1962 », souligne-t-il.

Et de conclure : « Non, il ne s’agit pas de sortir d’une phase complexe mais de faire de cette période révolutionnaire une porte d’entrée dans une Algérie de liberté et de progrès. Voici nos différences d’approches. »

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