Mohamed Yaddadene, Consultant du secteur automobile : «On est loin des prix administrés des véhicules »

Mohammed Yaddadene

Dans cet entretien, l’expert du domaine de l’automobile, M. Yaddadene, réagit aux dernières déclarations du ministre de l’Industrie concernant les prix des véhicules montés localement. selon lui, les consommateurs n’ont pas le choix pour le moment que de suivre l’évolution de la situation du marché de l’offre. MYaddadene donne également son avis sur l’information portant sur une probable installation des producteurs automobiles russes qui auraient proposé à l’Algérie de délocaliser l’assemblage de voitures russes Lada dans le pays.

Algérie-Eco : « La baisse des prix des véhicules dépend de la loi de l’offre et de la demande », a déclaré récemment le ministre de l’Industrie et des Mines, M. Youcef Yousfi. Êtes-vous de cet avis?

MYaddadene : Cela dépend des marchés, c’est une approche pour fixer les prix cependant  on n’est pas dans ces cas car chaque producteur peut adopter une méthode de fixation des prix selon  son choix  pour pouvoir être compétitif et rentable. Généralement les concessionnaires sont à l’écoute de la demande mais procèdent à des relevés de prix de la concurrence par segment de produit, effectuent des comparatifs et essayent de définir le meilleur positionnement possible de chaque modèle en y intégrant les rapports avec les mêmes équipements  par rapport aux concurrents afin d’évaluer l’écart et de tenter de trouver un prix qui soit concurrentiel et accepté par les acheteurs. Pour le moment sur notre marché, on tend d’avantage vers presque des monopoles entre les acteurs présents d’où le rapport de force face à une demande du marché insatisfaite faute de disponibilité  et de choix diversifiés.

Selon le ministre, le gouvernement et le ministère de l’Industrie ne peuvent pas forcer les opérateurs à déterminer ou à réduire les prix des véhicules montés localement, qui, faut-t-il le rappeler, demeurent très élevés. Quel commentaire faites-vous à ce revirement de position?

Si l’on se réfère aux conditions définies dans le cahier des charges et les lois du marché avec la liberté dans la fixation des prix on constatera que  chaque concessionnaire est libre dans sa méthode de fixation et le choix de ses prix au niveau du marché. On est loin des prix administrés.

C’est aux acheteurs de trancher mais si on revient quelques mois en arrière le discours était tout à fait le contraire, on nous avait annoncé d’éventuelles baisses des prix. A moins que les rapports de force avec les concessionnaires ont changé entretemps. Mais toujours est-il j’avais dit que les prix ne pourront plus jamais baisser à moins d’actions miracles pour réduire les couts qui sont intégrés dans les structures de prix. Quand les avantages accordés aux concessionnaires vont cesser dans le cadre des investissements réalisés les prix pourront grimpés de nouveau et ce indépendamment des effets de la dévalorisation la monnaie à anticiper et à intégrer dans la définition des couts des futurs prix.

Comment alors peut-on convaincre les consommateurs algériens à acheter un véhicule monté localement, avec un prix élevé et une qualité qui se discute?

Les consommateurs n’ont pas le choix pour le moment que de suivre l’évolution de la situation du marché de l’offre, tout en cédant aux actions marketing  des marques surtout promotionnelles animées par chaque concessionnaire avec des remises assez conséquentes  depuis les six derniers mois, combinées au crédit à la consommation avec les banques pour pousser à la consommation. Comme en ce moment il ya eu de nombreuses livraisons de logement beaucoup de ménages s’orientent les derniers versements pour acquérir un toit d’abord et la voiture ensuite.

Au siège de l’usine d’assemblage de voiture Kia dans la commune de Djerma, une convention de partenariat a été signée par le groupe ‘‘Global group’’ et l’Agence nationale d’emploi (ANEM) portant sur la création de 2.500 emplois dans le cadre des perspectives du groupe de générer 10.000 emplois d’ici 2020. est-ce réalisable à votre avis?

Je pense que c’est un chiffre très important valable à une certaine époque chez des entreprises publiques qui avaient atteint ce niveau et mais voyez ce qui en reste. C’est un souhait pour notre industrie que de créer autant d’emplois mais qui sera difficile à réaliser en termes d’emplois directs et indirects. Ce serait intéressant de comprendre avec quelle stratégie pourra-t-on atteindre ce chiffre ? Surtout avec une industrie de montage qui n’est pas encore dans la fabrication. ça va être compliqué de réaliser ce niveau d’emplois.

Les producteurs automobiles russes auraient proposé à l’Algérie de délocaliser l’assemblage de voitures russes Lada dans le pays, qui fabrique déjà des Renault Symbol à partir de pièces livrées par le russe AvtoVAZ, rapporte l’agence de presse russe, Sputnik. Qu’en pensez-vous?

MDI Alger

La marque LADA est connue et elle a beaucoup évolué ceci dit à mon avis les investissements productifs sont les bienvenus dans une industrie en redéploiement cela va enrichir l’offre mais là aussi l’intérêt, c’est d’arriver à une véritable industrie de fabrication en faisant venir des équipementiers qui pourront produire localement les pièces et accessoires mais également en réalisant plus d’ouverture vers l’export comme c’est le cas au Maroc pour les marques qui fabriquent et exportent plus de 70% des volumes vers d’autres marchés.

Bessa, Résidence la Pinède