Quel avenir pour les énergies renouvelables en Algérie ?

SEER 2019

« L’Algérie peut jouer dans la court des grands en matière énergétique eu égard à son potentiel ». C’est le maitre-mot qui revenait en boucle ce mercredi 9 mai à l’occasion des rencontres du Club Energia, sous le thème « Gestion des grands projets dans les domaines de l’énergie solaire ». Organisé au siège du Forum des chefs d’entreprises (FCE), ce panel a regroupé plusieurs chefs d’entreprises, experts mais aussi des responsables et des représentants des pouvoirs publics.

Longtemps mises en avant comme l’un des secteurs économiques névralgiques de l’après-pétrole, les énergies renouvelables n’arrivent pas, toutefois, à atteindre leur essor, notamment par rapport en potentialités du pays, mais aussi comparativement à ce qui se fait dans certains pays de la zone Mena ou africains.

L’Algérie accuserait-elle un retard énorme dans ce domaine ?  « Il ne faut pas parler de retard mais de préparation », répond Chahar Boulakhras,  Président directeur général de SKTM (Shariket Kahraba wa Taket Moutadjadida), une filiale de la Sonelgaz spécialisée dans le développement des énergies renouvelables.

Selon lui, il s’agit d’un domaine extrêmement « capitalistique » qui nécessite la préparation d’un écosystème adéquat. « L’Algérie n’est pas restée les bras croisés. Aujourd’hui il y’a 400 mégawatt produits et gérés par les Algériens », défend-il. « Des textes (en matière de législation) sont sortis, d’autres sont en cours. Ces derniers vont favoriser les mesures incitatives et l’industrialisation. Car nous allons vers l’industrialisation et l’intégration nationale avec un tissu de PME-PMI qui gravite autour », a-t-il ajouté.

Reconnaissant que l’objectif escompté n’a pas été encore atteint, le PDG de la SKTM a indiqué que 24 centrales photovoltaïques ont été réalisées jusque là en partenariat avec ce qu’il qualifie des « top 10 » dans le monde. « Les gens parlent de retard. Moi, je dis que nous avons gagné du temps. Car entre temps les coûts ont baissé », souligne-t-il. « Sur l’exploitation, il n’y a pas beaucoup de frais. C’est l’investissement qui est lourd dans la filière photovoltaïque », remarque-t-il.

Pour un meilleur retour sur investissement, la filiale de la Sonelgaz a mis la région des hauts plateaux dans sa ligne de mire. « La région des hauts plateaux jouit d’un potentiel non-négligeable avec des heures d’ensoleillement très importantes. En outre, le foncier est disponible dans cette région (…) », détaille M. Boulakhras. Ce foncier est-il agricole ? « Il n’est pas à vocation agricole », affirme-t-il. Et de préciser : « l’action foncier est bon dans cette région, le potentiel l’est aussi. Il y’a également ce que nous appelons (dans le jargon) l’auto nettoyage avec la pluie et la neige (qui marquent chaque année les hauts plateaux) en sus des températures clémentes au printemps et en automne ».

De son côté, Cornelius Matthes, vice-président principal à Dii Desert Energy, appelé communément Desertec, a expliqué que pour booster la filière des énergies renouvelables, il faut améliorer le cadre législatif d’une part, et recourir à des contrats d’achat d’électricité (power purchase agreement – PPA) bancables, d’autre part. « Il y’a encore un peu de travail à faire en ce qui concerne le volet règlementaire », signifie-t-il.

Hormis ces deux cadres, M. Matthes a estimé que la règle 51/49 imposée aux investisseurs étrangers ne pose aucun problème pour attirer des capitaux, appelés à être injectés dans la filière. « Je ne pense pas que cette règle pose un problème. Dans l’émirat de Dubai, c’est la même chose. Donc, je ne pense pas que cela soit problématique », ajoute-il .

Sur le cadre législatif, Amel Bouali, responsable à la Commission de régulation de l’électricité et du gaz du ministère de l’Energie (Creg), a indiqué à Algérie ECO que la commission travaille actuellement sur le cahier des charges. « dès qu’on finalisera ce package, on lancera », assure-t-elle.

MDI School