Abdelwahab Ziani, Président de la fédération agroalimentaire, « nous avons estimé entre 120 et 160 millions d’euros d’importation annuelle d’arômes »

EPAL

La facture d’importation des produits alimentaires a connu une hausse de 12,2% en janvier dernier par rapport à la même période de 2017. C’est ce qu’ont montré les récents chiffres du centre national de l’Information et des Statistiques des Douanes (Cnis).  

« Les 12% de hausse ne sont pas uniquement dus à la consommation interne, mais c’est dû aussi aux produits boursiers qui ont augmenté. Si on compare les deux périodes, les quantités de cette année sont inférieures à celles de l’année dernière. Les prix sur le marché mondial ont augmenté », a expliqué ce mardi M. Abdelwahab Ziani, Président de la fédération agroalimentaire, lors de son passage sur la radio algérienne.

En effet, la facture d’importation des produits alimentaires a atteint 838 millions de dollars en janvier 2018, contre 747 millions de dollars à la même période de 2017, soit une hausse de 12,2%.

M. Ziani a rappelé que « l’année dernière on a profité du marché mondial qui était bas.Nous menons aujourd’hui une politique de subventions sur le marché national pour maintenir un sachet de lait à 25 DA et nous sommes obligés d’acheter la poudre de lait quel que soit son prix », ajoutant « ces subventions devraient aller directement aux agriculteurs, mais nous sommes en train de mener deux subventions en parallèles en subventionnant l’agriculteur et la poudre de lait ».

Évoquant la collecte de lait, M. Ziani a précisé que «lorsqu’on a commencé cette politique de subvention en 2007, nous étions à moins de 12% de la production locale, aujourd’hui nous avons atteint 32% de la production locale. Cette politique de subvention direct a permet à la filière de remonter », poursuivant «une subvention directe et ciblée est meilleure qu’une subvention générale. Nous avons aujourd’hui plus de 200 laiteries. La filière de mise en sachet est saturée ».

M. Ziani a indiqué que «nous avons beaucoup d’investisseurs nationaux et internationaux qui s’intéressent à la filière lait », en citant le mégaprojet réalisé par les Américains dans le sud-ouest du pays, « ils ont pour objectif de produire de la semence de la pomme de terre et du lait cru pour en faire de la poudre de lait. Ce mégaprojet pourra produire progressivement entre 1.000 et 2.000 tonnes de poudre de lait par an et il pourra atteindre les 5.000 tonnes ».

M. Ziani déplore que «certains industriels de l’agroalimentaire ne veulent pas utiliser de la matière première fabriquée localement préférant importer », tout en les appelant à « utiliser les ingrédients produits dans notre pays ».

Il s’est félicité des mesures prises par le gouvernement en janvier dernier interdisant plus de 800 produits à l’importation, en indiquant « nous encourageons toutes les autorités à continuer, ce qui nous a permis aujourd’hui de sortir de l’anonymat toutes les petites industries qui étaient mortes depuis des décennies, parce que nous avons signé des accords avec l’Union européenne, la grande zone de libre-échange (GZALE) nous avons le droit d’élever les droits de douanes pour les produits fabriqués en Algérie ».

Interrogé sur la qualité des produits algériens, M. Ziani a souligné que «nous répondons aux normes qualité-prix et nous sommes obligés de passer par une période de transition pour permettre aux industriels de reprendre leur marché et de libérer tous les stocks qu’ils avaient accumulés dans le passé ».

S’agissant de la décision du gouvernement d’interdire certains produits à l’importation, M. Ziani a précisé que « c’est une mesure transitoire, certaines entreprises étrangères qui avaient un marché en Algérie, sont venues s’installer dans le cadre de la règle 51/49 », ajoutant «certaines entreprises européennes pour lesquelles le marché algérien représente 60% de leur chiffre d’affaires, ont tout intérêt à venir s’installer en Algérie ».

Abordant le marché des arômes, M. Ziani a indiqué que « nous avons estimé entre 120 et 160 millions d’euros d’importation annuelle et les producteurs nationaux ont une petite part du marché qui représente moins de 20% ».

Il a cité l’usine de Maghnia qui produit le sirop de glucose, qui selon lui, « suffit largement le marché national et nous permettra d’économiser environ 60 millions d’euros d’importation ».

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