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Montage de véhicules : Que cache le report de la mise en application de l’instruction du 14 décembre

Le report de la mise en application de l’instruction du premier ministre Ahmed Ouyahia relative au montage de véhicules, du 14 décembre dans laquelle, on cite une dizaine d’entreprises agréées pour exercer l’activité alors que d’autres ont été écartées, soulève des interrogations, quant aux raisons qui ont poussé le premier ministre à une telle décision qui pourrait s’apparenter soit à une « faille » dans le système de prise de décision au niveau de l’exécutif ou à des pressions qui peuvent provenir de milieux ayant des intérêts à protéger dans ce secteur?

En effet, la note du 25 décembre adressée aux ministres des finances, le Premier ministre décide, à la demande du ministre de l’Industrie et des Mines, que  « la mise en application des instructions contenues dans la note n° 555 du 14 décembre courant est différée au 31 janvier 2018 ».

L’hypothèse de la faille dans le système de prise de décision n’est pas à exclure, car ce n’est pas la première fois qu’on revient sur des décisions (le revirement sur la décision de paiement des transactions par chèque). La logique dans ce type de décision serait que le ministère concerné en l’occurrence ministre de l’Industrie et des Mines dans ce cas de figure)  prépare le dossier en tenant compte de l’ensemble des paramètres pratiques du « terrain » et du « contexte » en premier lieu.

D’un autre côté l’inexistence, du moins en apparence, d’un Staff disposant d’expertise économique et industriel au niveau de la primature peut expliquer cette faille. Cela est bien entendu valable pour cette question mais également pour toute approche des dossiers économiques.

La deuxième hypothèse est celle des pressions des parties qui ont des intérêts dans ce secteur. Deux cas attirent l’attention : la société créée par le groupe SOUAKRI en partenariat avec Renault Trucks. La création de cette joint-venture a même fait l’objet d’un accord signé à Alger le 10 avril 2016 au cours du 3e Forum de partenariat algéro-français.

Les deux partenaires déclaraient à l’époque que cette joint-venture « contribuera au développement d’un outil industriel compétitif permettant la production et la commercialisation de véhicules Renault Trucks et Volvo Trucks. L’entrée en vigueur de cet accord s’accompagne d’un transfert de technologie et d’un haut niveau de contenu local. La société, qui s’appuiera sur le savoir-faire, l’expérience et la technologie du groupe Volvo, entrera en activité dès le mois de septembre 2016 ».

Lorsqu’on connait le réseau d’influence dont dispose Abdenour Souakri, le patron du groupe, on peut comprendre aisément qu’il ne peut pas rester spectateur sans faire bouger son réseau pour « intégrer son projet » sur la liste.

Le deuxième cas est celui de Global Group et son usine Gloviz/Kia située dans la commune d’El Djerma (Batna) et devant assembler 40 000 unités dès 2018, pour atteindre 100 000 unités après cinq années de mise en service. Son patron Hassen Larbaoui était connu pour ses relations avec l’ex-ministre de l’Industrie Abdeslem BOUCHOUAREB. C’est un cas encore plus complexe dans la mesure où les équipements de montage sont quasiment fonctionnels et que  le carnet des commandes est déjà ouvert depuis le mois de septembre dernier. Dés lors, des questions s’imposent : S’achemine-t-on vers une autre liste, plus élargie? Et dans ce cas-là, pourquoi n’a-t-on pas fait les choses en règle ? N’est-ce pas une façon de se décrédibiliser pour l’Exécutif ?

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