Mohammed Yaddadene, Consultant et Ancien Manager dans le secteur de l’automobile à Algérie-Eco :« La stratégie industrielle a besoin de la mobilisation de toutes les compétences pour aller de l’avant »

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Dans cet entretien, l’expert du domaine de l’automobile, M.Yaddadene réagit au dernier remaniement ministériel espérant, pour le ministère de l’industrie, que la stratégie du secteur automobile va aller dans le sens du développement et de l’amélioration, indépendamment des changements intervenus. Selon lui, tous les acteurs du secteur doivent contribuer et collaborer pour permettre au nouveau ministre de prendre connaissance des dossiers afin d’avancer face à des défis importants.

Algérie-Eco : Un nouveau ministre est à la tête du ministère de l’industrie, pensez-vous que la stratégie du développement de l’industrie automobile va se poursuivre ou y aura t-il des nouveautés?

M.Yaddadene : J’espère que la stratégie va aller dans le sens du développement et de l’amélioration, indépendamment des changements intervenus. Dans un tel contexte il est difficile d’anticiper sur ce qui va arriver, toutefois, nous savons tous que le nouveau cahier des charges était en phase finale d’actualisation, nous souhaitons que tous les changements qui vont venir pourront servir au mieux l’industrie algérienne qui en a grandement besoin surtout le secteur de l’industrie mécanique.

Tous les acteurs du secteur doivent contribuer et collaborer pour permettre au nouveau ministre de prendre connaissance des dossiers afin d’avancer face à des défis importants. Il faudra revoir l’approche et intégrer tous les cadres écartés qui avaient initié et collaboré pour faire avancer les choses, ils ont eu le mérite d’avoir créé une base qu’il faut amender et enrichir selon les choix de la stratégie industrielle. La stratégie industrielle a besoin de la mobilisation de toutes les compétences pour aller de l’avant.

Une délégation de plusieurs entreprises allemandes séjournera en Algérie du 26 au 28 septembre prochain dans le cadre d’un voyage d’affaires et B2B dans le domaine de l’automobile avec accent sur les pièces de rechange, quel commentaire faites-vous à ce sujet?

De telles actions sont à encourager pour donner un nouveau souffle au développement industriel et trouver des partenaires qui pourront accompagner nos opérateurs dans des partenariats gagnant- gagnant mais à condition de présenter des interlocuteurs professionnels et de métier. Les professionnels du métier de l’automobile sauront capter l’intérêt de cette délégation d’autant plus que le marché algérien est attrayant. Donc il est opportun de mobiliser les professionnels pour discuter avec de telles délégations. Il n ya que le professionnalisme qui doit prédominer pour négocier avec des partenaires intéressés par notre marché et croyez moi, ils sauront déceler les motivations des uns et des autres avant de s’engager, ils doivent être rassurés.

Les licences d’importation de 25 000 véhicules neufs vont être octroyées pour une quarantaine d’opérateurs, dès le 23 août prochain. Qu’en pensez-vous?

Je pense qu’on est devant un retard considérable, ce qui est pénalisant pour tous les acteurs du marché, à savoir, les concessionnaires, les clients algériens…le marché est déstabilisé suffisamment pour continuer à retardes les échéances de ces licences, même si les volumes demeurent faibles par rapport aux besoins du marché.

Si les licences seront octroyées rapidement les premiers arrivages aboutiront vers novembre décembre qui nous rapproche de l’année 2018  pour laquelle il faut y penser dés maintenant sur la stratégie à adopter et éventuellement les quotas à définir.

Comment se portent actuellement les concessionnaires?

Je pense que vous devriez leurs poser cette question, ils sont plus à même de faire parts de leurs situation et préoccupations.

A mon avis si le secteur va mal, les concessionnaires continuent de subir la situation vécue ces dernières années avec tous les changements intervenus, la baisse des volumes a eu des effets négatifs sur la majorité des acteurs du secteurs surtout les agents qui ont beaucoup investis sur des installations « les concessions » qui tournent au ralenti en ce moment, les professionnels essayent de se maintenir en créant une certaine dynamique en pièces deb rechange et après vente y compris ceux qui ont perdu leurs partenaires…En attendant que tout rendre dans l’ordre, il faut savoir rentabiliser ses structures, ce qui n’est pas simple.

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