Ali Mebroukine : « Il faut arrêter la dépréciation du dinar »

Ali Mebroukine: « L’ouverture du capital de certaines banques publiques est aujourd’hui incontournable »

Le professeur en droit des affaires, Ali Mebroukine, a appelé, ce lundi 14 juin, à l’arrêt de la cette politique de dévaluation de la monnaie nationale dinar.

« Il faut arrêter la dépréciation du dinar, y’a pas une raison objective pour procéder à une nouvelle dépréciation », a-t-il déclaré, sur les onde de la radio chaîne 3, en ajoutant que « nous avons de relancer la machine économique et d’avoir de la consommation.

Selon les cotations de la Banque d’Algérie, le dinar s’échange sur le taux officiel à 162 dinars pour 1 euro et 133 dinars pour 1 dollar. « Pour la valeur du dinar, nous avons opté pour un système de change flottant, administré. C’est la Banque d’Algérie qui adapte le taux de change par rapport aux autres monnaies, notamment celles es pays qui sont nos fournisseurs ou nos clients », a expliqué M. Mebroukine, en rappelant que le Fonds monétaire international (FMI) considère que le taux de change effectif et réel du dinar est « sur-évalué ».

Pour lui, « pour avoir un dinar fort, il faut que le pays crée de la richesse, exporte, s’il n’exporte pas, ne se redresse pas, notamment, si le secteur privé algérien n’est pas encouragé à créer de la richesse, je peux vous assurer que le dinar restera à une valeur très faible et cela va impacter négativement le pouvoir d’achat aussi bien des catégories sociales modestes que des couches inférieures intermédiaires, ce que l’on appelle la classe moyenne », a-t-il prévenu, en soulignant que le pouvoir d’achat des algériens est « malmené » depuis plus de deux ans et que l’augmentation de certains prix n’est pas toujours justifié par des critères objectifs.

S’agissant de la croissance économique de l’Algérie, Ali Mebroukine a estimé qu’elle « va repartir en 2022, notre ministre des finances parle d’un rebond de 4% et les chiffres donnés par la banque mondiale ne sont pas très loin de ce ratio ». Le spécialiste en droits des affaires a appelé à consolider cette croissance « annoncée » par « des réformes rigoureuses » pour passer d’une économie dépendante des hydrocarbures à une économie productrice de richesses.

Affirmant qu’ »il est normal que le président prenne en compte la situation provoqué par la pandémie », Ali Mebroukine estime que « la loi de finance 2022 doit s’inscrire dans le cadre d’une plus grande rigueur ». « Quand je dis rigueur budgétaire, je ne veux pas dire qu’il faut instaurer l’austérité mais plutôt la rationalisation des dépenses », a -t-il dit.

En plus d’une politique de rationalisation des dépenses qui mettrait fin « à la dérive budgétaire », le professeur en droits des affaires a recommandé « l’arrêt des grands projets aux coût exorbitants », « revoir la politique d’exonération fiscale en évaluant tous les avantages consentis aux investisseurs qu’ils soient nationaux ou étrangers », « poser le problème du financement des entreprises publiques en vigueur depuis 40 ans ».