APLFC 2021 : Poursuite de la dépréciation du dinar et hausse du taux d’inflation

Inflation: le taux a atteint 2,2 en octobre 2019

La monnaie nationale « Dinar » devrait se poursuivre sa dépréciation cette année face au Dollar américain, pour atteindre 142,20 dinars pour 1 dollar US, contre 133,49 dinars pour 1 dollar actuellement, selon les cotations disponibles sur le site de la Banque d’Algérie.

C’est en tout cas ce que prévoit l’Avant-projet de loi des finances complémentaire 2021 (APLFC), présenté la semaine dernière lors d’une réunion du Gouvernement. Cette projection quasiment identique à celle prévue dans la loi de finances 2021. Elle confirme en tout cas les prévisions d’affaiblissement de la monnaie nationale par rapport au dollar.

En effet, selon le rapport sur l’APLFC 2021, il est indiqué que le cadrage macroéconomique et financier de l’avant-projet de la loi de finances complémentaire pour 2021 est révisé pour tenir compte de la modification intervenue dans son volet budgétaire.

Il est précisé dans le rapport que « les principales hypothèses retenues pour 2021 ont été maintenues, il s’agit de : 40 $US le baril de pétrole pour le prix fiscal ; 45 $US le baril de pétrole pour le prix du marché ; 142,20 DA/$US pour le taux de change moyen ».

Le dinar a chuté de 5,9% face au dollar en 2020

Dans le même document, il est relevé : « Le marché des changes s’est caractérisé en 2020 par une dépréciation du dinar par rapport au dollar de 5,9% et par rapport à l’Euro de 7,7%. » « Le dinar s’est échangé, en moyenne annuelle en 2020, à 126,82 DA pour un dollar US et à 144,85 DA pour un Euro, contre, respectivement, 119,36 DA/$US et 133,71 DA/Euro, en moyenne annuelle en 2019. » En fin de période (31 décembre 2020), « le dinar s’est échangé à 132,13 DA pour un dollar US et à 162,4 DA pour un Euro. »

En mars dernier, le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, avait pourtant assuré que « la monnaie nationale devrait enregistrer un regain avant la fin de l’année en cours« , soulignant que le secteur s’attelle actuellement à « une réévaluation de la monnaie nationale selon les capacités de l’économie nationale ».

Le ministre avait déclaré : « Le décollage économique que connaîtra l’Algérie dans les prochains jours à la faveur du lancement de plusieurs projets de développement va permettre à la monnaie nationale de retrouver sa force économique et son pouvoir libératoire ». « La monnaie est le miroir de l’économie », a-t-il dit, en ajoutant : « La monnaie nationale n’est pas situation d’effondrement comme le prétendent certains mais plutôt en reprise ».

Hausse du taux d’inflation

L’Avant-projet de loi des finances complémentaires 2021 prévoit un taux d’inflation de 4,90%, en hausse par rapport au taux prévu dans la loi de finances initiale qui était de 4,50%. « L’évolution de l’inflation moyenne en 2020 a été marquée par un niveau des prix modéré. En effet, l’indice des prix à la consommation du grand Alger, a enregistré en moyenne, une évolution de +2,42% à fin décembre 2020, contre +1,95% à fin décembre 2019, soit une légère hausse de +0,47 point de pourcentage », est-il rappelé dans le document portant rapport de l’APLFC 2021.

« La hausse observée en 2020 a été tirée, principalement, par l’augmentation des prix des produits manufacturés (+5,35%), alors que le niveau des prix des produits alimentaires a enregistré une quasi-stabilisation (+0,26% à fin décembre 2020). Quant aux prix des services, ils ont décéléré de 1,9 point de pourcentage, passant de +3,56% à fin décembre 2019 à +1,66% à fin décembre 2020 », est-il relevé.

A ce propos également, le ministre des finances avait assuré il y a deux mois, que l’inflation était « maîtrisée » et que les prix des produits n’ont pas augmenté mais « ajustés ». « L’inflation est très maîtrisée en Algérie par rapport à ce qui se passe ailleurs dans le monde. Vous n’avez qu’à voir les prix », avait déclaré Benabderrahmane en mars dernier. Selon le ministre, les prix n’ont pas augmenté mais ont été « ajustés un tant soit peu, mais pas à ce niveau-là dont certains veulent le faire croire », a-t-il dit, en ajoutant : « Je vous assure, les prix sont à la portée ».