Liberté de la presse dans le monde : L’Algérie classée à la 146ème place sur 180 pays

Liberté de la presse dans le monde : L'Algérie classée à la 146ème place sur 180 pays

L’édition 2021 du Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) est en ligne. Dans son classement RSF classe les pays en cinq catégories blanche jaune, orange, rouge et noire. Dans la catégorie blanche y figurent les pays où la liberté de la presse est en « situation bonne »; dans la catégorie jaune y sont classés les pays où la liberté de la presse est « plutôt bonne »; la catégorie orange « situation problématique »; la catégorie rouge « situation difficile » et la catégorie noire « situation très grave ».

RSF a classé l’Algérie à la 146ème place sur 180 pays figurant dans ce classement. Avec un score de 47,26, l’Algérie a été classée dans la 4ème catégorie « rouge » où la liberté de la presse est en « situation difficile ». Elle est classée dans la même catégorie que le Maroc (136ème), l’Inde (142ème), le Mexique (143ème), Venezuela (148ème), la Russie (150ème), la Turquie (153ème).

L’Algérie est également loin des pays comme la Namibie (25ème), Cap-Vert (27ème), le Ghana (30ème) et l’Afrique du Sud (32ème). Ces pays figurent dans la deuxième catégorie « Jaune » et sont mieux classés en matière de liberté de la presse que le Royaume-Uni (33ème), la France (34ème) ou encore les Etats-Unis (44ème). Le pays voisin la Tunisie est classée à la 73ème place dans la troisième catégorie « orange ».

 

RSF a estimé : « Deux ans après le début du Hirak, la situation politique en Algérie reste instable et la liberté d’informer est plus que jamais menacée. Profitant de la crise du coronavirus et de l’arrêt des manifestations populaires qui ont secoué le pays depuis février 2019, les autorités ont adopté des lois liberticides aux contours flous visant à verrouiller encore plus la liberté de l’information. Les poursuites judiciaires et les condamnations de journalistes pour des publications portant « atteinte à l’unité nationale » ou « atteinte à l’ordre public et à la sûreté de l’Etat » sont récurrentes. Plusieurs médias en ligne ont été bloqués et ne sont plus accessibles. Face aux pressions, les journalistes et les médias peinent à faire leur travail. Un durcissement visible de la répression envers toutes les voix dissidentes est à l’œuvre alors que les citoyens algériens ne cessent de revendiquer davantage de libertés. »

Les pays du nord de l’Europe trustent les premières places : pour 2021, Norvège, Finlande, Suède et Danemark occupent les quatre premières positions. Le Costa-Rica occupe le 5ème rang, devant les Pays-Bas. L’Allemagne recule de la 11ème à la 13ème position.

Dans la cinquième catégorie « Noire », figurent 21 des pays où la liberté de la presse est en « situation très grave ». Parmi ces pays on retrouve : Singapour (160ème); l’Irak (163ème); la Libye (165ème), l’Egypte (166ème); Bahreïn (168ème); l’Arabie Saoudite (170ème); Cuba (171ème), l’Iran (174ème); Vietnam (175ème); Djibouti (176ème), (la Chine (177ème), le Turkménistan (178ème); la Corée du Nord (179ème) et l’Érythrée (180ème).

« Principal vaccin contre la désinformation », l’exercice du journalisme est « totalement ou partiellement bloqué » dans plus de 130 pays, alerte Reporters sans frontières (RSF), à l’heure où la crise sanitaire rajoute des entraves à la couverture de l’actualité.

D’après son classement annuel mondial de la liberté de la presse, publié mardi, 73 % des 180 pays évalués par l’ONG se caractérisent par des situations jugées « très graves », « difficiles », ou « problématiques » pour la profession.

Si cette part de territoires peints en noir, rouge ou orange sur la carte du monde reste stable sur un an, seuls 12 pays sur 180, soit 7 %, contre 8 % en 2020, affichent une « bonne situation ». Une « zone blanche » qui n’a « jamais » été « aussi réduite depuis 2013 », d’après RSF.

La pandémie de Covid-19 a représenté « une forme d’opportunité pour des États qui ont pu restreindre la liberté de la presse », souligne à l’AFP le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire.

Pour rappel, en septembre 2020, le journaliste Khaled Drareni a été condamné à deux ans de prison ferme. Il a été libéré en février dernier, après près d’une année. Lundi19 avril 2021, le journaliste et correspondant du quotidien national Liberté, Rabah Karèche a été placé sous mandat de dépôt par le tribunal de Tamanrasset.

 

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