Pouvoir d’achat : 34% des travailleurs algériens menacés de pauvreté

Pénuries, hausse des prix, et spéculation : l’infâme gestion de deux ministres

Face à la crise économique, la dévaluation du Dinar, hausse des prix des produits, le pouvoir d’achat des algériens, qui s’érode d’année en année, ne suit plus et a pris un sérieux coup durant les derniers mois. Selon des experts, 34% des travailleurs algériens sont menacés de pauvreté.

Ce chiffre a été avancé par Mohamed Benazzouz, enseignant universitaire et expert en économie, lors de la journée d’étude sur le pouvoir d’achat organisée par la Confédération des syndicats algériens (CSA) au siège du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapest), rapporte le quotidien El Watan de ce dimanche 18 avril 2021.

« Ils sont 34% de travailleurs à être sous la menace de la pauvreté. Ce chiffre n’est pas tombé du ciel, mais fait à base de simple calculs tirés des données fournies par la Banque mondiale. Cette dernière affirme qu’une famille algérienne, de 5 personnes, a besoin de 70 000 DA pour vivre sans dettes. Avec un Salaire national minimum garanti (SNMG) de 18 000 DA, le constat de pauvreté s’impose de lui-même », a déclaré l’enseignant universitaire.

Critiquant la politique de l’Etat dans la gestion de la crise socio-économique impactant directement sur la capacité des Algériens à vivre décemment, l’expert en économie a invité les syndicats présents à aller au-delà de la revalorisation salariale dans leurs revendications, selon la même source.

De son côté, Ahmed Chafir Ahmine, économiste, cité également par le même journal et qui s’est exprimé lors de la même rencontre, a expliqué : « Le pouvoir d’achat a pris un sérieux coup durant les derniers mois. Il faut savoir que le mesurer ne se fait pas seulement par son indexation aux prix pratiqués sur le marché, mais en intégrant d’autres facteurs tels que la place des transferts sociaux dans le pays. L’Etat a un immense rôle à jouer dans ce sens. Autre variable à intégrer : l’inflation importée qui s’impose avec le manque de productivité dans le pays ».

Selon lui : « Les syndicats ne doivent absolument pas limiter leur revendication à la révision de la politique salariale mais à une stratégie globale pour l’amélioration du niveau de vie, incluant les salaires, les acquis sociaux du citoyen, à savoir la gratuité de l’enseignement et des soins et la régulation du marché et des prix », a-t-il dit, en indiquant que les prix ne dépendent pas de l’offre et de la demande, mais plutôt des coûts de production ou d’import, puis à la loi de spéculation pratiqués sur le marché.

Pour sa part, le porte-parole du CNAPEST, Messaoud Boudiba, a indiqué : « Les travailleurs sont dans la précarité. Les salaires qui pouvaient suffire 15 à 20 jours ne tiennent plus que 8 à 10 jours. Ce qui est totalement grave. De plus, un enseignant qui veut prétendre à l’achat d’un logement ne peut bénéficier d’aucune formule existante. De ce fait, un salaire minimum de 130 000 DA pour un enseignant au lycée est recommandé ». Selon lui, la classe moyenne a été supprimée pour qu’elle finisse sous le seuil de la pauvreté.

Colloque MDI