Pétrole: La hausse tendancielle des cours du brut se confirme

Forte chute des prix de pétrole

Comme nous l’écrivions dans un article intitulé « Une remontée forte et durable des prix du pétrole n’est pas à écarter », publié par Algérie-Eco en janvier dernier, les cours du brut ont effectivement obéi à cette tendance haussière qui a fait gagner à l’or noir pas moins de 35 dollars, en à peine deux mois.

Et tout porte à croire que cette hausse tendancielle des cours du pétrole, va se poursuivre et, très probablement, s’intensifier dans les semaines à venir, sous l’effet d’une reprise économique devenue effective dans certains grands pays d’Asie, de l’espoir suscité par les campagnes de vaccinations contre le Covid-19, mais aussi et surtout, de la récente décision de l’OPEP de poursuive sa politique de restriction des quotas de production jusqu’à la fin du mois d’avril prochain.

La décision de l’Arabie Saoudite de retirer de son quota un million de barils jusqu’à cette échéance, est également de nature à doper les prix sur le marché pétrolier international.

Ce cocktail de faits et de décisions a subitement tiré vers le haut les cours du brut que la sous activité économique mondiale et les déboires avec le coronavirus, avaient longtemps contenu à des niveaux exagérément bas.

Les cours du Brent ont de ce fait rapidement bondi de 4 dollars pour atteindre ce lundi 8 mars 2021,  69,91 dollars pour le Brent et 66,55 dollars pour WTI. Plus léger le pétrole algérien (Sahara Blend) valait environ 2 dollars de plus que le Brent, soit 71,90 dollars le baril.

Tout porte à croire, que cette envolée des prix qui touche à toutes les variétés de pétrole, ira crescendo pour atteindre, voire même, dépasser 80 dollars le baril de Brent, de l’avis de nombreux experts. 

Le plan américain de relance économique boostera la consommation 

Il faut effectivement savoir qu’à tous ces facteurs dopants survenus durant les mois de janvier et Février, est venu s’ajouter aujourd’hui un événement d’une importance capitale.

Il s’agit, on l’a compris, du plan américain de relance économique d’une valeur de 1900 milliards de dollars que vient d’approuver le Congrès américain après moultes tergiversations provoquées par l’ex président Donald Trump.

Ce plan de relance va doper de manière considérable, aussi bien, l’investissement, que la consommation, puisqu’aux offres publiques de travaux s’ajoutent des aides adressées directement aux ménages américains, aux entreprises, aux États, aux collectivités locales et à la lutte contre l’épidémie de coronavirus.

De quoi fouetter énergiquement l’activité économique, mais aussi, la consommation indispensable au retour de la croissance.

La consommation d’hydrocarbures reprendra de plus bel avec le risque d’engendrer une insuffisance de l’offre.  

Les hydrocarbures et notamment le pétrole, viendront certainement à manquer, car durant toute la période de la pandémie, la production de pétrole et de gaz a été considérablement réduite, les investissements dans les gisements ont été suspendus et les stocks existants utilisés au maximum.

La relance de l’économie américaine et de certaines grandes puissances industrielles, va donc fatalement se heurter à un problème d’insuffisance d’offre qui pourrait devenir cruciale lorsque la relance de l’économie mondiale, débarrassée de tous les inconvénients de la Covid-19, prendra une ampleur telle que les USA pourraient manquer de pétrole.

L’hypothèse d’un baril de Brent à plus de 80 dollars avant le début de l’été prochain, n’est donc pas à écarter.    

L’Algérie n’en profitera pas  

Cette remontée spectaculaire des prix qui promet de s’inscrire dans la durée, fera évidemment le bonheur des grands producteurs d’hydrocarbures, qui trouveront ainsi l’occasion de redresser leurs comptes publics et de remettre la machine économique en marche.

Ça ne sera malheureusement pas le cas de l’Algérie dont la production d’hydrocarbures s’est considérablement réduite au cours de ces deux dernières années, au point de ne représenter qu’environ 920.000 barils/jours.

Plus grave encore, cette production toute dérisoire, ne pourra être exportée qu’à moitié (450.000 barils/jour), car l’autre moitié devra être impérativement consacrée à la consommation intérieure.

Pour faire tourner ses raffineries, ses usines et satisfaire aux divers besoins domestiques de 44 millions d’algériens, il faudrait en effet consommer sur place, la moitié de la production de Sonatrach.

A supposer que le baril atteigne effectivement 80 dollars comme le prévoient de nombreux spécialistes, l’Algérie ne pourra encaisser dans le meilleur des cas, qu’environ 26 milliards de dollars au terme d’une année d’exportation.

Un résultat qui ne peut aucunement sortir le pays de la crise économique et financière dans laquelle il s’est embourbé depuis 2018, date à laquelle, le déclin des cours du pétrole, couplé à une forte chute des réserves exportables, ont conduit l’Algérie dans une dramatique impasse budgétaire. 

Colloque MDI