Mebtoul : « La situation socio-économique est préoccupante »

« Le Président de la  République  est de retour et d’importants dossiers brûlants tant politiques, qu’économiques l’attendent, étant conscient que la situation socio-économique  est  préoccupante ». C’est ce qu’estime le professeur Abderrahmane Mebtoul.

Pour lui, privilégier le volet politique au détriment de l’économique en cas de retour au FMI courant 2022, remettra forcément en cause les réformes politiques que l’on veut engager avec des conditionnalités draconiennes sur le plan social, économique voire sécuritaire et géostratégique. Dans ce cas, les réformes seront dictées indirectement. D’où l’importance, selon lui, de privilégier le redressement économique, garant de la sécurité nationale.

Concernant la situation socio-économique, le professeur considère qu’elle est  préoccupante, en se basant sur l’avis de la majorité des experts nationaux et internationaux,  résultante  tant des politiques passées 2000/2019 que de  l’incohérence de la politique économique actuelle qui rend urgente sa révision. « L’Algérie a besoin d’un système partisan et d’une société civile. Les partis politiques traditionnels et certains partis actuellement médiatisés et la société civile officielle, sont souvent incapables de servir d’intermédiations politiques et sociales, car non crédibles aux yeux de la population où en cas de malaise les forces de sécurité se retrouvent seules en face des citoyens », précise M. Mebtoul, pour qui les formations politiques actuelles ont une faible capacité de faire un travail de mobilisation et d’encadrement efficient, de contribuer significativement à la socialisation politique et donc d’apporter une contribution efficace à l’œuvre de redressement national.

En conclusion, ajoute le professeur, l’Algérie sera ce que les algériennes et algériens voudront qu’elle soit. Les responsables algériens s’adapteront-ils à ce nouveau monde dynamique en perpétuel mouvement, où vivront-ils   toujours sur des schémas  dépassés des années 1970/2000 conduisant le pays à l’impasse ? s’interroge-t-il. 

Pour réussir les réformes, l’Algérie, acteur stratégique de la stabilité de la région méditerranéenne et africaine, a besoin, selon M. Mebtoul, de nouvelles intermédiations politiques, sociales, culturelles  et économiques, loin des aléas de la rente, afin d’éviter un affrontement direct des forces de sécurité avec les citoyens en cas de malaise social.

Colloque MDI