Pour la Banque mondiale, la pandémie souligne plus que jamais l’importance de la lutte contre la corruption

Banque mondiale : Le PIB de l'Algérie devrait se contracter de 6,5% en 2020

Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale, des progrès sont possibles dans la lutte contre la corruption, même dans des contextes les plus difficiles. Face à la mobilisation à des niveaux sans précédent de fonds d’urgence en riposte à la pandémie de coronavirus (COVID-19), le rapport dresse un état des lieux des nouvelles approches et des nouveaux outils pour améliorer la responsabilisation des pouvoirs publics.

Intitulé Enhancing Government Effectiveness and Transparency: The Fight Against Corruption, ce rapport revient sur les leviers permettant de renforcer l’efficacité des stratégies de lutte contre la corruption dans les secteurs les plus touchés. Alors que des travaux plus poussés sont nécessaires pour affiner la mise en place des outils traditionnels, le rapport entend servir de manuel de référence aux décideurs et aux champions de la lutte contre la corruption. « La pandémie de COVID-19 a entraîné des dépenses d’urgence à grande échelle de la part des gouvernements pour relancer les économies ainsi que pour protéger les populations pauvres et vulnérables qui sont affectées de manière disproportionnée. Alors que les pays s’engagent sur la voie d’un redressement plus résilient et plus inclusif, il est essentiel d’utiliser avec prudence et de manière transparente des ressources limitées, souligne Mari Pangestu, directrice générale de la Banque mondiale. Des progrès sont possibles dans tous les contextes et nous nous engageons à collaborer étroitement avec nos partenaires gouvernementaux, la société civile et le secteur privé pour lutter contre la corruption et ses effets destructeurs. »

Les dépenses inédites engagées par les pouvoirs publics pour lutter contre le coronavirus l’ont parfois été sans respecter les mécanismes habituels de contrôle. Si cette diligence est compréhensible, elle expose néanmoins les gouvernements — en l’absence de garde-fous — à différents risques de corruption susceptibles de fragiliser l’efficacité de la riposte. Pour permettre une responsabilisation accrue, le rapport appelle les pouvoirs publics à définir clairement leurs actions, appliquer les règles, sanctionner les infractions et résoudre les problèmes en toute transparence dans les meilleurs délais.

Le rapport s’attache à cinq grands domaines thématiques : les marchés publics, les infrastructures, les entreprises d’État, l’administration des douanes et les services. Il couvre aussi plusieurs thèmes transversaux, comme les initiatives pour la transparence de l’administration publique et l’administration numérique (GovTech), et s’appuie sur des études de cas menées dans le monde entier. Son objectif est de proposer aux fonctionnaires publics et à la société civile un ensemble modulaire d’approches et d’outils pouvant être utilisés et adaptés à leur contexte national. 

Ces études de cas montrent que les mesures de lutte contre la corruption sont souvent opportunistes et ciblent des zones de vulnérabilité spécifiques lorsque l’espace politique le permet. Mais même avec des effets apparemment limités, elles peuvent poser les jalons pour de futures avancées.

Source : WBANK

MDI School