Pacte européen sur la migration : Un « nouveau départ » pour violer les droits humains, selon EuroMed Droits

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La Commission européenne a publié hier son « Nouveau Pacte sur l’Asile et la Migration » qui propose un nouveau cadre réglementaire et législatif.

Avec ce plan, l’UE devient de facto un « leader du voyage retour » pour les migrants et les réfugiés en Méditerranée.

EuroMed Droits craint que ce pacte ne détériore encore davantage la situation actuelle pour au moins trois raisons.

Dans un communiqué, EuroMed Droits estime que le pacte se concentre de manière obsessionnelle sur la politique de retours à travers un système de « sponsoring » : des pays européens tels que l’Autriche, la Pologne, la Hongrie ou la République tchèque – qui refusent d’accueillir des réfugiés – pourront « sponsoriser » et organiser la déportation vers les pays de départ de ces réfugiés.

« Au lieu de favoriser l’intégration, le pacte adopte une politique de retour à tout prix, même lorsque les demandeurs d’asile peuvent être victimes de discrimination, persécution ou torture dans leur pays de retour. A ce jour, il n’existe aucun mécanisme permettant de surveiller ce qui arrive aux migrants et réfugiés une fois déportés », lit-on dans le communiqué.

Le pacte proposé renforce, selon EuroMed Droits, la sous-traitance de la gestion des frontières. En termes concrets, l’UE renforce la coopération avec les pays non-européens afin qu’ils ferment leurs frontières et empêchent les personnes de partir.

« Cette coopération est sujette à l’imposition de conditions par l’UE. Une telle décision européenne se traduit par une hausse du nombre de refoulements dans la région méditerranéenne et une coopération renforcée avec des pays qui ont un piètre bilan en matière de droits humains et qui ne possèdent pas de cadre efficace pour la protection des droits des personnes migrantes et réfugiées », ajoute-t-on.

« En choisissant de sous-traiter davantage encore la gestion des frontières et d’accentuer la politique de retour, ce nouveau pacte conclut la transformation de la politique européenne en une approche pleinement sécuritaire. Pire encore, le pacte assimile la politique de “retour sponsorisé” à une forme de solidarité.

« Au delà des déclarations officielles, cela démontre la volonté de l’Union européenne de criminaliser et de déshumaniser les migrants et les réfugiés », a déclaré Wadih Al-Asmar, Président d’EuroMed Droits.

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