Khaled Drareni lors de son procès en appel : « Je suis un journaliste et non un criminel »

Khaled Drareni à RFI :

Le journaliste Khaled Drareni a rejeté mardi toutes les accusations portées contre lui lors de son procès en appel qui s’est tenu à la Cour d’Alger (Ruisseau).

« Je ne suis pas un criminel. Je n’ai fait que mon métier », a-t-il plaidé à l’issue de l’audience du procès en appel. « Je suis un journaliste et non un criminel. Le journalisme que je pratique ne menace pas la sécurité du pays mais le protège », a encore plaidé Khaled Drareni.

« Depuis le premier jour, je n’ai fait que mon métier de journaliste. Je suis là parce que j’ai couvert le +Hirak+ en toute indépendance », s’est-il défendu lors de l’audience, selon un des rares journalistes autorisés à pénétrer au tribunal. « On peut revoir toutes mes interventions pour voir s’il y a une atteinte à l’unité nationale. Je relatais les faits », a-t-il assuré.

« La cour rendra sa décision le 15 septembre », a précisé à l’AFP un de ses avocats, Abdelghani Badi, à la fin des plaidoiries, au cours desquelles une trentaine d’avocats ont pris la parole. « Le procès s’est déroulé dans de bonnes conditions, sans querelles ni tensions. Il a donné l’impression qu’il pourrait conduire à un procès équitable s’il se conclut par une décision équitable », selon Me Badi.

Comme en première instance, le parquet a requis quatre (4) ans de prison ferme et une amende 50 000 dinars contre Khaled Drareni pour « incitation à attroupement non armé » et « atteinte à l’unité nationale ».

L’ONG Reporters Sans Frontières (RSF) a déploré dans un tweet le fait que : « Le procès en appel de @khaleddrareni s’est ouvert quasiment sans témoins! A peine 10 journalistes ont pu entrer dans la salle d’audience contre une centaine aux premières audiences ». L’ONG a dénoncé « la volonté manifeste des autorités de limiter la couverture médiatique du très symbolique procès en imposant, sans préavis, de nouvelles restrictions d’accès aux journalistes ».

Deux co-inculpés, Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche (en liberté provisoire depuis le 2 juillet), étaient aussi présents à l’audience. Le procureur a également requis quatre ans de prison ferme contre eux.

Khaled Drareni avait été arrêté à Alger le 7 mars alors qu’il couvrait une manifestation du « Hirak ». Incarcéré depuis le 29 mars au centre pénitentiaire de Koléa (Tipaza), il a été condamné le 10 août dernier à trois (3) ans de prison ferme et une amende de 50 000 dinars. Ses deux co-accusés, Samir Belarbi et Slimane Hamitouche avaient écopé chacun de deux ans de prison, dont quatre mois ferme.

Khaled Drareni, 40 ans, est directeur du site d’informations Casbah Tribune, correspondant en Algérie pour la chaîne francophone TV5 Monde et pour Reporters sans frontières (RSF).

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