Ouverture des plages : Entre le marteau et l’enclume

Ouverture des plages : Entre le marteau et l'enclume

De quoi sera fait demain ? Sommes-nous réellement arrivés à la phase de dé confinement ? des questions qui s’imposent après l’annonce par le conseil de sécurité, de l’ouverture des plages. Une nouvelle qui est venue soulager les commerçants, et les artisans qui vivent de la saison estivale, autant que les estivants, qui après 4 mois de confinement, ne pensent à qu’à se dégourdir les jambes, et s’aérer l’esprit. Mais toute la problématique est de savoir quelles conséquences cela va-t-il avoir sur la situation sanitaire, et la propagation du coronavirus.

Il est certain, que cette ouverture représente une opportunité pour les activités qui souffraient d’une fermeture forcée, de reprendre leurs activités, dans l’espoir de rattraper ce qui reste de la saison estivale, mais le risque de voir le nombre de cas de contamination par la Covid-19, augmenter n’est pas à exclure, comme cela a été le cas lors de la première tentative d’ouverture des commerces.

Cette nouvelle phase de traitement de la crise met en avant essentiellement la responsabilité du citoyen, et son comportement durant cette période d’ouverture. Ce qui n’est pas une mince affaire, lorsqu’il s’agit de gérer des milliers de personnes, sur des espaces aussi nombreux que sont les plages et les places publiques. A elle seule l’action des forces de l’ordre ne pourrait être suffisante, la vigilance et la conscience des citoyens est plus que jamais requise. D’autant plus qu’il est encore trop tôt pour parler de vaccination, et ce même si les autorités assurent, que l’Algérie sera parmi les premiers pays à acquérir le remède, le ministre de la santé a bien précisé que cela prendrait du temps, voire des mois avant d’arriver à cette phase.

C’est précisément les prochains mois qui seront les plus délicats à vivre, dans la mesure, ou sous l’effet d’une ouverture qui se profile comme un début de dé-confinement progressive, un relâchement en matière de respect des règles de prévention serait fatal pour le pays à plus d’un titre. Et pour cause, une recrudescence de la pandémie, plongerait le pays dans une crise économique et sociale plus aiguë, et plus difficile à endiguer. Car en plus des pertes humaines, l’Algérie aura à déplorer de grands préjudices économiques, engendré par l’arrêt à nouveau des activités, mais surtout par l’interruption des reformes profondes programmées dans tous les secteurs. Un retard qui sera lourd à porter, du fait qu’en absence d’une stratégie de relance économique effective et présente sur le terrain, les chances d’éviter le chaos, seraient plus minces , et mettrait le pays dans une situation de vulnérabilité sans précédent.

D’autre part la mise en place d’un plan de relance, n’est qu’à ses débuts, et demeure conditionné par un état des lieux pour quantifier les dégâts causés par le crise sanitaire. C’est dire que le chemin vers une stabilité économique et foncière est encore log et dure, et n’a certainement pas  besoin de subir les effets d’autres entraves. D’où la fragilité de cette période, ou la réussite de ce plan d’ouverture repose sur les épaules de la population. Autrement dit, nous n’avons pas le droit à l’erreur, car à contrario, si l’Algérie réussit à aborder ce nouveau virage sans conséquences néfastes sur la situation sanitaire, cela voudra dire que d’une part, les citoyens auront appris à vivre avec le virus, en insistant sur le coté préventif et le respect des gestes barrières.

D’autre part, la nouvelle vision de l’Etat pour faire émerger une nouvelle Algérie, se précisera et prendra ses fondements à travers les nouvelles approches, essentiellement basées sur l’implication et la participation de toutes les parties, en l’occurrence, le gouvernement, les partenaires sociales et économiques et le peuple. Il est de toute évidence clair, que les enjeux actuels se mesurent à l’importance et à la difficulté des défis de l’heure, qui ne sont autres que, la réussite de la lutte contre la Covid-19, l’achèvement de l’opération de révision de la constitution, le lancement imminent d’un plan de relance économique, et la réussite de la lutte contre la corruption à travers un système de justice indépendant. Des défis et des enjeux, qui reposent fragilement sur la capacités des citoyens à s’unir pour redoubler d’efforts pour faire de cette nouvelle qui a suscité un grand soulagement au sein de la population, une aubaine pour cristalliser les chances de l’Algérie à se mettre définitivement sur les rails du développement et de la croissance.

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