Mohamed Yaddadene: « Les changements opérés dans l’industrie automobile mettent la barre assez haute »

Mohammed Yaddadene: «Le tissu industriel devant accompagner une usine de fabrication de véhicule reste le problème»

Dans cet entretien, l’expert du domaine automobile, M. Yaddadene, nous livre ses impressions sur les dernières décisions du gouvernement concernant le montage automobile. Il s’exprime aussi sur l’activité d’importation des voitures neuves en provenance de l’Étranger.

Algérie-Eco : Le nouveau projet de décret exécutif pour la fabrication de voitures au niveau local, approuvé mercredi 15 juillet, contient de nouvelles conditions d’exercice. Il vise la relance de l’industrie automobile algérienne, après l’échec essuyé au cours des dernières années. Quelle lecture faites-vous de ces décrets ?

M. Yaddadene : C’est un nouveau choix stratégique qui va remettre en question tout ce qui a été fait, cependant, faudra-t-il que ce choix réponde à une stratégie industrielle à termes?

En effet les industriels doivent comprendre cette démarche afin d’être convaincus de ces nouveaux textes, ce qui pourra éventuellement les rassurer. Les changements opérés mettent la barre assez haute pour pratiquement ouvrir la voie aux groupes industriels professionnels et non à de simples investisseurs. La barre est assez haute dans les conditions cela répond aux soucis de se protéger et de ne pas tomber dans les erreurs du passé.

Le choix est laissé aux industriels de ne pas subir la désignation des partenaires et de ne pas tomber dans un système de redistribution des cartes comme ce fut le cas dans le passé. Ce choix va impliquer un grand déploiement des sous-traitants et probablement l’implication de l’emboutissage afin d’arriver au taux d’intégration fixé dès la première année de lancement soit 30%, tout en sachant que chaque Groupe possédant plusieurs marques doit travailler sur des volumes afin de rentabiliser son projet et surtout de faire venir ses sous-traitants qui devraient contribuer à l’accompagnement de l’industrie. Notre marché est intéressant mais comment ces industriels vont se positionner face aux projets déjà implantés au Maghreb ? D’autant plus que les marques déjà installées ont avancé dans les pays concernés. La relance passera par un rapprochement avec les grands groupes avec des opérations de séduction pour les motiver d’autant plus qu’en ce moment beaucoup de marchés sont en difficultés avec la crise actuelle.

Est-ce que ces nouvelles conditions pourront à votre avis, sauver le secteur en Algérie ?

Ces nouvelles conditions remettent de l’ordre dans les choix stratégiques et obéissent à une démarche visant à redéployer l’activité du secteur, probablement qu’il y aura des choses à sauver tout en sachant que le secteur du montage est pratiquement à l’arrêt mais les infrastructures, et l’expérience vécues vont contribuer à gagner du temps à condition qu’il y ait une évaluation de tous les projets déjà lancés. Cela prendra du temps pour l’aboutissement, tout en sachant que les structures de suivies et d’évaluation seront présentées sur le terrain. C’est une opportunité à exploiter pour la relance du secteur.

Il y a aussi la relance de l’activité d’importation des voitures neuves en provenance de l’Étranger. Le Gouvernement doit encadrer cette activité par un nouveau cahier des charges. Quel commentaire faites-vous sur ce sujet ?

Une solution qu’on aurait pu utiliser pour stabiliser le marché, et éviter les ruptures de fonctionnement. Cela prendra du temps tout en précisant au détail prêt le système de fonctionnement selon le cahier des charges devant régir cette activité, en attendant de voir l’aboutissement des projets industriels.

Les concessionnaires quant à eux veulent fermer les usines de montages. Est-ce une bonne ou mauvaise solution ?

Les unités de montage auront besoin de s’adapter aux nouvelles conditions du cahier des charges, mais il restera à revoir les statuts de chaque projet en conformité avec les nouveaux textes réglementaires. Chaque chose obéit aux lois économiques, il y a des projets qui ferment comme il y en aura d’autres qui vont ouvrir. Une chose est certaine il faut remettre le secteur sur de nouvelles bases en fonction des nouveaux textes et favoriser la relance par des groupes qui ont marqué l’histoire du secteur à travers le monde dans une optique gagnant/gagnant et dans un marché qui offrent de grandes opportunités.

MDI School