Benbouzid : « Il faut une refonte totale du système national de santé »

Le ministre de la santé, Abderrahmane Benbouzid a plaidé, jeudi 16 avril dans un entretien accordé au journal Liberté, pour « une refonte totale du système national de santé.
« Nous avons constaté beaucoup de dysfonctionnements. Il faut savoir que dans certains CHU, il y a beaucoup plus de médecins que de malades hospitalisés. Il y a une mauvaise répartition des ressources, parce qu’on ne procède pas à l’identification des activités en amont pour parvenir à relever les performances de tel ou tel autre service », a-t-il expliqué.
Interrogé sur l’Agence nationale de la sécurité sanitaire devant être mise en place constituera un organisme de « veille » sur l’état de la santé dans le pays, a indiqué le ministre de la Santé, soulignant que l‘agence veillera également « sur l’état de santé des citoyens, ainsi que sur les moyens qui sont mis à sa disposition, à l’état d’hygiène, à l’état des hôpitaux ».
 
« Cette institution vient en fait en soutien à la santé pour l’alerter. Elle aura les mêmes missions que celles du Conseil économique et social. Ce nouvel organisme ne chevauchera pas avec les missions du ministère de la Santé. Le ministère occupe le terrain, c’est-à-dire les hôpitaux, les équipements. L’agence sera là pour nous observer, nous assister, nous contrôler, nous guider », a précisé M. Benbouzid.
 
Le ministre a ajouté que l’Agence sera placée directement sous l’autorité du chef de l’Etat. « Elle sera autonome. Ses membres seront évidemment désignés par le président de la République. Elle sera organisée en plusieurs directions et chaque direction aura un plan d’action », a-t-il développé.
 
Concernant la suppression du service civil pour les médecins spécialistes, Benbouzid a relevé que ce dispositif « a montré ses limites depuis plusieurs années ». »Par le passé, c’était obligatoire, maintenant on laisse le choix au jeune assistant. Le président de la République a pris l’option de le supprimer.
Le chef de l’Etat a pris comme option de favoriser les bacheliers du Sud pour s’inscrire aux études de médecine. Il est question aussi d’une autre mesure qui concerne les médecins généralistes du sud du pays en leur permettant de faire un DEMS, sans passer par le concours, mais à condition de travailler six ans dans le Sud », a expliqué le ministre.
 
Interrogé si les assistants qui viennent de réussir leur DEMS sont concernés par cette mesure, M. Benbouzid a répondu que « les résidents qui terminent cette année auront à chercher des postes dans les hôpitaux du nord du pays, à défaut ils iront travailler dans les structures sanitaires du sud du pays ».
 
Il a rappelé, dans ce cadre, que « le président de la République a clairement déclaré que tout médecin spécialiste qui accepte de partir travailler dans le Sud aura un double salaire et sera hébergé, en plus d’autres avantages ». Par contre, a précisé le ministre, « celui qui cherche à embrasser une carrière hospitalière devra passer le concours ou aller exercer dans les hôpitaux du sud du pays ».

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