Coronavirus en Algérie : L’usage de la chloroquine validé par un comité d’experts

Coronavirus en Algérie : L'usage de la chloroquine validé par un comité d'experts

La décision d’utiliser la chloroquine pour le traitement des patients atteints du coronavirus (covid-19) en Algérie a été validée par le comité d’experts mobilisé au sein du ministère de la santé, a fait savoir le dimanche 29 mars le ministre délégué à l’industrie pharmaceutique, Abderrahmane Lotfi Djamel Benbahmed.

Toutefois, le ministre délégué, qui s’est exprimé ce matin sur les ondes de la radio Chaîne III, a reconnu : « En Algérie, nous avons un pôle de malades assez faible, pour pouvoir savoir et avoir un recul » quant à l’entière efficacité de la chloroquine, un traitement jusque-là réservé au cas paludisme. »

« Une procédure a été mise en place par la direction générale des services de santé du ministère de la santé pour sa délivrance », a-t-il expliqué, ajoutant que « nous étudierons et avec tous les protocoles scientifiques pour savoir quels seront réellement les résultats que nous aurons en Algérie ».

« Nous sommes à l’affût de toutes les nouveautés qui pourraient s’imposer dans la lutte contre le coronavirus »

« Notre volonté est de prendre en charge notre population et de combattre ce coronavirus. Donc il y a ce protocole, d’autres aussi, des rétroviraux…etc. Nous sommes à l’affût de toutes les nouveautés qui pourraient s’imposer dans la lutte contre le coronavirus. Dans ce sens-là, nous sommes attentifs à tout ce qui se fait et nous prenons systématiquement les mesures pour assurer les stocks des produits qui pourraient être utiles dans cette bataille contre le coronavirus. L’essentiel pour nous, c’est d’être pragmatique, efficace et proactif pour pouvoir pendre en charge les citoyens malades », a encore expliqué le ministre délégué.

« Nous, ce qu’on veut, c’est ne pas hypothéquer les chances de nos malades. Stocker, réquisitionner, être à l’affût de toute nouveauté qui pourrait les prendre en charge. Aujourd’hui, c’est l’hydroxychloroquine qui parait le traitement le plus adéquat. Demain si ça devait être un autre produit, nous ferons de même. Je ne vais pas annoncer les molécules, il y a quatre ou cinq molécules qui paraissent intéresser un certain nombre de scientifiques à travers le monde. Nous étudions de très près et nous sommes en contact avec ces laboratoires. »

En outre, Benbahmad a indiqué qu’afin de parer à une prolifération incontrôlée de la pandémie du coronavirus dans le pays, le ministère de la Santé a été amené à « réquisitionner » l’ensemble des stocks de chloroquine déjà produits par les laboratoires locaux, tout comme ceux détenus par les pharmacies, afin d’en réserver l’usage exclusif aux seuls services hospitaliers.

« 190.000 unités autres traitements du même type « sont en cours d’importation »

Il a précisé qu’en plus des quantités ainsi mobilisées, dont 130 000 unités existantes au niveau de la Pharmacie centrale des hôpitaux, 190.000 unités d’autres traitements du même type « sont en cours d’importation » et la livraison devrait se faire demain ou après demain, ajoutant que des dispositions avaient été arrêtées pour procéder à d’autres importations, « en cas de prolifération » du virus.

Le traitement n’est délivré qu’en milieu hospitalier et dès qu’une personne est confirmée positive au Covid-19 on lui prescrit ce médicament, a souligné le professeur Benbahmad.

Interrogé sur la disponibilité des produits désinfectants et de masques de protection, particulièrement ceux destinés aux personnels traitants, le professeur Benbahmad a assuré qu’en ce qui concerne le gel hydroalcoolique en  particulier, « le problème est réglé », en raison de la présence d’une dizaine de producteurs locaux.

« 4 producteurs nationaux de bavettes de protection sont en train de produire 50.000 unités/jour »

En ce qui concerne les bavettes de protection, il signale qu’elles sont destinées prioritairement aux praticiens de la santé. A ce propos, il a précisé que quatre producteurs nationaux sont en train d’en produire 50.000 unités/jour.

Le ministre délégué a ajouté que 10 millions de masques sont actuellement disponibles et que 5 millions d’autres sont attendus de l’étranger « pour répondre aux besoins des citoyens ». Selon lui, concernant les masques, il y a un déséquilibre entre l’offre et la demande ce qui nécessite l’importation de quantités importantes.

« Jusqu’à il y a deux semaines, nous avions 12 millions de masques dans nos hôpitaux et ils ont été utilisés abusivement, pas uniquement par le personnel soignant, mais ils ont été vendus, donnés aux familles. C’est du gaspillage, alors que ces masques-là auraient pu être gardés pour les soignants et les malades atteints ou suspectés d’avoir le coronavirus pour qu’ils ne contaminent pas les autres », a-t-il déploré.

S’agissant de la disponibilité de kits de dépistage de la maladie, l’intervenant fait état de la présence de trois laboratoires possédant les techniques et les équipements nécessaires, actuellement en pleine production, ajoutant que ceux-ci vont être rejoints incessamment  par 7 autres pour qu’ils soient disponibles en quantité.

Colloque MDI