Coronavirus en Algérie : Des entreprises doublent leur production en produits de désinfection

Hausse des prix du gel hydroalcoolique et des bavettes : Le Snapo disculpe les pharmaciens d’officines

Le secteur de production des produits d’assainissement, de désinfection et d’hygiène corporelle enregistre une activité particulière ces derniers jours, plusieurs entreprises des secteurs public et privé ayant doublé leurs capacités de production avec la propagation du coronavirus (Covid-19) en Algérie.

Plusieurs entreprises publiques et privées ont entamé les mesures administratives pour l’obtention de permis leur permettant de doubler la production, introduire de nouveaux produits dans leurs gammes, et demander des quotas supplémentaires pour les intrants nécessaires à la production.

Dans ce cadre, le Directeur général par intérim à la Direction générale de la gestion du secteur public marchand (DGGSPM) au ministère de l’Industrie et des mines, Hocine Bendif a expliqué que le secteur public spécialisé dans la production des produits désinfectants et produits d’hygiène corporelle comprend l’Entreprise nationale des détergents et produits d’entretien (ENAD), via sa filiale Shymeca-Algérie, le groupe d’industrie pharmaceutique Saïdal ainsi que l’Entreprise de fabrication des produits parapharmaceutiques et d’hygiène corporelle (Socothyd).

Face à la conjoncture exceptionnelle que traverse le pays marquée par la propagation du coronavirus, ces entreprises qui assuraient un approvisionnement normal du marché pour répondre à la demande des entreprises de santé, des pharmacies et des citoyens sont actuellement mobilisées pour augmenter et diversifier leur production, a-t-il ajouté.

L’entreprise ENAD propose une large gamme de produits d’hygiène corporelle et de lessive en poudre outre le décapants pour sol (Nadhaf). Sa filiale Shymeca produit, quant à elle, le gel hydro-alcoolique désinfectant pour les mains, le nettoyant pour surfaces, le savon liquide et l’eau de javel.

La capacité de production de ces entreprises est de 1.000 unités/jour pour le gel désinfectant et le savon liquide, 4.000 litres/jour pour les nettoyants de surfaces ainsi que 12.000 doses d’eau de javel à 32 et 4.500 unités d’eau de javel à 12 , a fait savoir le même responsable.

Cette unité devrait augmenter ses capacités de production à 3.000 unités/jour de gel désinfectant et de savon liquide, 20.000 litres de nettoyant pour le sol et 10.000 bouteilles d’eau de javel, a précisé M. Bendif.

L’entreprise Shymeca compte commercialiser un nouveau produit, à savoir une solution stérilisante et désinfectante dédiée aux grandes entreprises.

De son côté, SAIDAL s’emploie au parachèvement des procédures liées à la production du gel désinfectant conformément aux standards adoptés pour couvrir les besoins du marché. Le produit sera disponible sur le marché mi-avril prochain, a ajouté M. Bendif.

Outre les antalgiques (paracétamol) et la vitamine C, les laboratoires SAIDAL prévoient la production de 500 litres d’alcool par jour pour l’approvisionnement des structures de santé.

Pour sa part, l’entreprise Socothyd a adopté une nouvelle stratégie de production en s’orientant vers la production des bavettes en collaboration avec un autre opérateur et la commercialisation des gants produits par une société algérienne privée.

Socothyd est présente sur le marché avec une gamme de produits variés à savoir le coton, les bandes plâtrées et élastiques, compresses oculaires, rouleaux salivaires, coton dermatologique, coton à gaze stérile, bande à gaze, les compresses stériles, les compresses à gaze et le coton hydrophile non stérile.

Pour ce qui est de la flambée des prix de ces produits au niveau des pharmacies et les points de vente, M. Bendif a imputé cette situation à la forte demande enregistrée ces derniers temps et la surconsommation.

Flambée des prix : Des enquêtes lancées

Selon M. Bendif, des enquêtes ont été lancées en vue de déterminer les causes à l’origine de la spéculation sur ces produits, affirmant qu’une réunion d’urgence est prévue cette semaine pour examiner cette question.

Interrogé sur le nombre d’entreprises privées activant dans la fabrication de produits de stérilisation et de désinfection, M. Bendif a affirmé que le secteur ne disposait pas encore de statistiques globales et exhaustives sur leur nombre exact, soulignant qu’un travail pour leur recensement était en cours.

Pour sa part, le secrétaire général de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA), Mahfoud Megateli a fait état de plusieurs centaines d’entreprises nationales privées spécialisées dans la fabrication des produits de désinfection, de stérilisation et d’hygiène corporelle et des surfaces qui n’ont pas été recensées à ce jour.

Il a appelé, dans ce cadre, à la mise à jour du fichier national des entreprises nationales privées, notamment celles spécialisées dans la fabrication de ces produits ou autres, en vue de les faire connaître aux consommateurs et operateurs, outre la définition de leurs responsabilités.

Certaines PME privées procèdent à l’acquisition des matières premières du groupe public « ENAD », ou à leur importation de grandes sociétés étrangères, a-t-il précisé.

Des entreprises privées doublent la production, d’autres changent d’activité pour répondre à la demande

M. Megateli a plaidé, en outre, pour l’élaboration d’un fichier national de ces entreprises et la valorisation de leur travail, ajoutant que plusieurs entreprises offrent actuellement le produit à titre gracieux au profit des établissements et des centres sanitaires, à l’instar des bavettes, des tabliers stérilisés à usage unique et autres.

Un travail de coordination est mené au niveau de la CGEA pour assurer, à titre gracieux par les entreprises sous sa houlette, la distribution de certains produits stérilisés, des bavettes et des gants, a-t-il fait savoir.

Evoquant le déficit de production, le même responsable a fait savoir que ce problème n’est pas dû au recul d’importation des matières essentielles, mais porte essentiellement sur la lenteur des procédures de financement par les banques.

Le SG de la CGEA a affirmé que l’Algérie avait réussi à réaliser l’autosuffisance dans ce domaine grâce aux entreprises publiques et privées.

La conjoncture et le pic de la demande ont contraint les entreprises à s’adapter rapidement à la forte demande à travers des mesures urgentes dont les résultats seront connus lors des prochains jours, a-t-il soutenu.

Selon Megateli, les adhérents à la CGEA ont convenu de changer l’activité de certaines entreprises activant dans la production des produits de beauté à la production des stérilisants, des détergents et des savons à même de répondre à la demande croissante.

Parmi les conseils donnés par les deux responsables aux citoyens, figure notamment le port des bavettes dans les lieux de rassemblements, tout en rappelant que le gel hydro-alcoolique ne peut pas à lui seul éliminer le virus, le meilleur moyen de l’éliminer reste le lavage avec l’eau et le savon.

APS

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