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Prix des voitures montées en Algérie : Ferhat Ait Ali dénonce les marges allant jusqu’à 1 million Da

Le ministre de l’industrie et des mines, Ferhat Ait Ali Braham, est revenu, lundi, sur les prix des véhicules montés en Algérie.
Lors de son passage dans l’émission de la radio Chaîne I « L’Invité du matin« , Ferhat Ait Ali a dénoncé les marges allant jusqu’à 1 000 000 dinars. « Les voitures qui étaient cédées avant à 1 200 000 Da sont vendues à 2 200 000 Da. » A-t-il précisé.
A cette occasion, le ministre de l’industrie s’est longuement exprimé sur le dossier de l’automobile. Concernant le cahier des charges qui sera prêt dans environ un mois et demi et qui devra imposer un taux d’intégration initial de 30%, le ministre a expliqué : « il ne s’agit pas d’un cahier des charges pour le montage automobile, mais un cahier des charges pour lancer une véritable industrie de l’automobile. »
« L’intégration ne se fait pas dans la dispersion »
Expliquant que « le montage automobile n’implique pas forcément la mise en place de l’industrie de l’automobile », Ferhat Ait Ali a rappelé : « un groupe a voulu faire comprendre aux gens que le montage est une première étape pour entrer dans le monde de l’intégration », a-t-il dénoncé, ajoutant que « cela ne répond à aucune logique. »
Selon le ministre, dont les propos ont été recueillis par le journal El Watan d’aujourd’hui, « ce n’est pas en lançant plusieurs marques et modèles, environ 60, qu’on peut mettre en place une industrie de l’automobile ». « L’intégration ne se fait pas dans la dispersion », a-t-il ajouté.
 
Ferhat Ait Ali a rappelé : « après les années 1990, il y a eu des délocalisations décidées par les constructeurs, parce qu’ils trouvent rentable de s’installer dans tel ou tel pays en raison du marché, et des conditions avantageuses en matière de main-d’œuvre locale à bon marché », soulignant que de tels investissements (délocalisations) n’ont jamais été faits sur la demande des pays.
« Est-il logique de choisir un partenaire qui a le même investissement à 300 km des frontières ouest du pays ? »
Pour le cas de l’Algérie, Ait Ali a indiqué qu’il n’y a pas eu de vision. « Notamment en matière du choix du premier partenaire, porté sur Renault », a-t-il indiqué. « Est-il logique de choisir un partenaire qui a le même investissement à 300 km des frontières ouest du pays ? Pensez-vous que ce partenaire qui produit chez nos voisins marocains, investissant presque dans les mêmes modèles, va consentir le même investissement à 300 km avec le même volume ? », s’est-il demandé
« Cela défie toute logique. C’est du jamais-vu », a dénoncé Ferhat Aït Ali, ajoutant que « c’est à ceux qui ont fait ces choix de nous expliquer sur quels critères cela a été décidé ». Selon lui, après cela, d’autres projets sont nés, « mais ce ne sont pas des projets industriels », ajoutant qu' »on peut même dire que certains d’entre eux sont fictifs. »
« Si personne n’accepte le cahier des charges, le gouvernement n’est pas dans l’obligation d’aller vers l’industrie de l’automobile »
Qualifiant le montage de voiture de « supercherie », le ministre de l’industrie a assuré que « le nouveau cahier va définir les conditions, comme cela se fait dans le monde, d’une véritable industrie ».
 
« Et si personne n’accepte le cahier des charges, le gouvernement algérien n’est pas dans l’obligation d’aller vers l’industrie de l’automobile au détriment de l’économie nationale », a indiqué Ferhat Ait Ali.
 
« Pour fermer, dit-il, le dossier de l’automobile, le cahier des charges répond aux conditions des investisseurs sérieux qui ont l’intention de mettre en place une véritable usine de production de voiture en Algérie ». Selon lui, « si les grands constructeurs ne veulent pas venir, on ne va pas les ramener à tout prix ».
Sur l’exonération des droits de douane et autres taxes aux différents opérateurs, le ministre de l’industrie a indiqué que les propriétaires recouraient même à la main-d’œuvre, dont la moitié des salaires était assurée par l’ANEM.
« La règle 51/49 était faite pour faire fuir les investisseurs sérieux »
 
Répondant à une question sur la suppression de la règle 51/49, Ferhat Ait Ali a expliqué que celle-ci était faite « pour faire fuir les investisseurs sérieux ». « On a imposé des partenariats fictifs même dans l’électroménager sans aucune intégration », a-t-il lancé.
 
Selon lui, « un vrai investisseur ne vous donnera jamais des parts », ajoutant que « c’est plus qu’une histoire d’argent, c’est une affaire de brevets ». « On veut créer des emplois à travers des investissements sérieux qui peuvent intégrer les marchés internationaux », a-t-il dit tout en s’engageant à mettre en place un vrai climat des affaires dans lequel se retrouveront tous les opérateurs sérieux.
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