Hirak : Une année après, les algériens réclament encore le départ du système et le changement

Le Hirak, mouvement populaire pacifique et citoyen aux revendications foncièrement politiques, a soufflé  vendredi 21 février 2020 sa première bougie. Des centaines de milliers de citoyens sont sortis, pour le 53e vendredi de suite, partout en Algérie, pour célébrer le premier anniversaire de leur révolution inédite dans l’histoire de l’Algérie qui a chamboulé toutes les cartes du pouvoir.

Depuis le 22 février 2019, le Hirak se poursuit avec le même esprit pacifique pour réclamer un changement radical du système et une Algérie libre et démocratique. Il considère que nombre de ses revendications restent encore à satisfaire.

A cette date-là, il convient de rappeler que des centaines de milliers de citoyens, toutes tranches d’âge et catégories professionnelles confondues, ont manifesté dans toutes les villes du pays pour s’opposer au projet de 5ème mandat du président Abdelaziz Bouteflika et réclamer un changement radical.

Sous la pression du Hirak, l’élection présidentielle qui devait se tenir le 18 avril, est reportée. Après la démission de Bouteflika le 2 avril, une deuxième date, le 4 juillet, est fixée, mais le scrutin n’a pas lieu, faute de candidats. 

Une année plus tard, ce mouvement, appelé également « révolution du sourire », a fait sortir encore des centaines de milliers d’algériens, avec les mêmes revendications,  mais mises à jour : le départ du système actuel, représenté par le nouveau président de la République Abdelmadjid Tebboune élu lors des élections présidentielle du 12 décembre 2019, un scrutin fortement contesté et boudé par les algériens.
A Alger, comme ailleurs dans la quasi-majorité des villes du pays, convaincus que rien n’a changé et que c’est le même système qui s’est recyclé, des centaines de milliers d’algériens ont battu le pavé aujourd’hui pour réclamer une nouvelle fois le départ du système qui, selon les hirakistes, s’est régénéré lors des élections de décembre dernier.
En plus des slogans scandés et brandis habituellement, tels que « Un Etat civil et non militaire », « Une Algérie libre et démocratique », « Un Etat de droit », « le changement radical »… Les manifestants ont haussé le ton aujourd’hui à l’occasion du premier anniversaire du Hirak, en réclamant la chute du régime.

Le président Tebboune essuie des critiques depuis son élection le 12 décembre dernier par les manifestants. Tous les vendredis et mardis ayant suivi le scrutin qualifié d’imposé, au vu du taux d’abstention, les hirakistes ont critiqué violemment le chef de l’Etat a qui ils reprochent d’être issu d’une élection fraudée et imposée par l’armée.

Tout au long des 12 mois de la vie du Hirak, des manifestants et des militants ont été injustement jetés en prison dans différentes régions du pays. Si la plupart ont été libérés après avoir purgés des peines de prison allant jusqu’à six mois, d’autres sont encore en détention, à l’instar des militants Karim Tabbou, Fodil Boumala, Abdelouhab Fersaoui, Said Boudour, le journaliste Sofiane Merakchi, et bien d’autres manifestants.

Le harcèlement et les arrestations d’activistes et de manifestants continue, le black out médiatique sur les marches du Hirak se poursuit également, la fermeture des espaces de débat et l’interdiction de la tenue des rencontres des partis politiques, associations, organisations de la société, des personnalités et des activistes du Hirak continue toujours.
Les Hirakistes sont toujours solidaires et mobilisé(e)s en faveurs des détenus d’opinion en revendiquant leur libération chaque vendredi et mardi.

Par sa longévité et l’attachement à son caractère pacifique, ce mouvement, inédit depuis l’indépendance de l’Algérie, aspire à donner un nouveau statut à la notion de citoyenneté et déterminé à prendre son destin en main.
Comme à l’accoutumée, un dispositif impressionnant a été déployé à Alger Centre pour confiner les manifestants. Des dizaines de véhicules de police sont stationnés sur les abords des rues où défilent les manifestants depuis 12 mois.
Durant toute la journée de jeudi, les accès vers la capitale ont été réduits au compte-goutte pour empêcher les citoyens d’autres wilayas de rallier Alger pour marcher à l’occasion du 1er anniversaire du mouvement populaire.
Après la main tendue au Hirak, le président Tebboune met en garde contre l’infiltration des marches
Après avoir tendue la main au Hirak pour un dialogue sérieux, le président Tebboune a, lors d’une entrevue avec les médias nationaux jeudi, mis en garde contre l’infiltration des marches du mouvement populaire.