Slim Othmani : nous avons besoin d’un signe d’apaisement  de la part du pouvoir

Slim Othmani

Rencontré en marge de la conférence autour du dialogue national, Slim Othmani, PDG du NCA Rouiba, considère qu’il est important d’enclencher le processus politique afin de ne pas freiner davantage la roue économique, qui subit des conséquences négatives depuis l’instauration de l’impasse politique.

Algérie Eco : Vous êtes invités à assister à la conférence sur le dialogue national. Que comptez-vous apporter à cette rencontre ?

Slim Othmani : Nous sommes invités par les organisateurs en tant que cercle de réflexion autour de l’entreprise (CARE). Nous avons apporté notre contribution pour expliquer qu’il ne faut pas oublier l’entreprise lors du discours destiné à trouver une solution pour la crise politique.

Ce n’est certes pas le cadre opportun pour parler d’entreprises. Mais c’est le moment aussi de parler d’économie. La situation économique nécessite une prise de conscience de la part de tous les acteurs. Les gens qui participent à la dynamique du changement doivent intégrer le volet économique et discuter de l’urgence de la situation économique actuelle. Il ne faudrait pas que l’on tombe dans une situation sociale dégradée qui risque d’avoir un impact sur le processus politique.

Nous sommes venus pour expliquer le quoi et le pourquoi ou encore comment redonner de la dignité au citoyen à travers des mesures économiques et une impulsion dynamique. Et créer des emplois à cette jeunesse qui est sortie dans les rues pour demander un avenir meilleur.

Quel l’est l’impact de la crise politique sur l’économie, et surtout sur NCA Rouiba ?

Honnêtement, nous ressentons une baisse de la consommation, mais ce n’est pas un désastre de la dynamique économique. C’est vrai que la machine économique s’est fortement ralentie, mais c’est très important pour les outils et les appareils de production, pour garder la rentabilité et la préservation des emplois.

C’est pour cela qu’il est important de mettre du rythme dans le processus politique. Par ailleurs, je ne sais pas d’où sortent les chiffres des pertes qui sont annoncées par le ministère de l’industrie. Toutefois, ce que je peux dire c’est que les pertes dans le secteur agroalimentaires sont conséquentes, à part celui des huiles qui connait une hausse.

Dans le secteur des boissons, nous sommes à la haute saison sans que l’on ressente une hausse de demande. Tout de même, nous constatons une stabilité de la situation, mieux que celle de 2018 où la situation était catastrophique et la baisse norme. Nous étions avec un niveau de consommation qui correspondait à 2014.

Pensez-vous qu’il est important que le gouvernement ou les politiques donnent des garanties pour garder de l’espoir chez les investisseurs ?  

Je pense que, cela soit les politiques ou le pouvoir, on a besoin de sérénité pour le moment. De ce fait, il faudrait des messages et des signes d’apaisement, pour que la machine continue de fonctionner normalement. Afin que nous nous sentions plus à l’aise et passer à questions politiques, qui sont les questions les plus importantes.

Si nous n’arrivons pas à aboutir aux questions politiques, s’il n y a pas de consensus politique, il y aura inévitablement des conséquences sur le processus de réformes économiques nécessaire pour l’Algérie.

Si le processus des réformes économiques est lancé, il y aura un problème de légitimité parce que le peuple n’acceptera pas ceux qui dirigent. Il faut que le processus politique aboutisse rapidement pour qu’on puisse mettre en œuvre des réformes.

Maintenant, il peut également y avoir un consensus dans la société pour que le processus politique se déclenche, et en parallèle, il y aura des mesures dans le processus de réformes économiques qui seront déjà prises. Et c’est l’idéal de mon point de vue.

Récemment, il y a eu un changement au sein du FCE. Est-ce que vous êtes intéressé de rejoindre à nouveau cette organisation ?

MDI Alger

Le FCE ne m’intéresse absolument pas, je m’intéresse ni à son fonctionnement ni à son organisation. Je n’ai aucun lien avec le FCE et je ne souhaiterai avoir aucun avec cette organisation. C’est une page qui est bien tournée pour moi, chacun  suit son chemin. Ils ont leur organisation, ils font ce qu’ils veulent. Cela ne me regarde pas.

Bessa, Résidence la Pinède