Saïd Sadi qualifie l’arrestation de Toufik, Tartag et Saïd Bouteflika de « mini séisme »

Sais Sadi

Saïd Sadi, fondateur du parti Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) a qualifié hier, « de mini séisme », l’arrestation de Saïd Bouteflika et des deux généraux Athmane Tartag et Mohamed Mediene, dit Toufik.

Dans un texte intitulé « Bataille d’Alger » publié hier sur sa page Facebook, l’ancien président du RCD a indiqué que « ces trois arrestations qui occuperont, à n’en pas douter, les gazettes pendant quelques jours ou semaines, est un mini séisme. Raison de plus pour ne pas laisser cette révolution de palais vampiriser nos luttes ».

Saïd Sadi a souligné, dans le même texte, que « les secousses qui ébranlent un régime décadent se multiplient. Comme souvent dans les systèmes illégitimes, les reclassements sont violents et imprévisibles ».

Il a ajouté que « porteur d’une immense et, pour l’instant, fragile espérance le mouvement citoyen doit veiller à ne pas se laisser aspirer dans des tempêtes qui ne le concernent pas. Si bruyants qu’ils soient, ces affrontements claniques demeurent secondaires au regard du vrai combat, celui qui oppose le peuple à l’oligarchie ».

Le fondateur du RCD a évoqué les tractations entre Saïd Bouteflika, le général Toufik et l’ancien président Liamine Zeroual, en indiquant qu’ « au stade où nous en sommes, les liens entre ces tractations et les trois arrestations ne sont que des possibilités ou, peut-être, des probabilités. Il convient donc de toujours demeurer mesuré dans les analyses et de ne pas, systématiquement, hurler avec les loups. » Pour Sadi, « si ces interprétations venaient à se vérifier, ce serait encore plus terrible pour le pays que tout ce que l’on pouvait imaginer».

Il a rappelé que « ce qui se passe sous nos yeux n’est pas nouveau (…), on a vu des versions plus actuelles de ces « alternances » plus ou moins sanglantes en 1965 lors du putsch de Boumediene, en 1967 à l’occasion de la tentative avortée du coup d’état du chef de l’état-major de l’époque, Tahar Zbiri, en 1992 quand le chef de l’Etat a été poussé à la sortie ».

L’ancien président du RCD estime qu’« il faut libérer la nation » de « cette spirale infernale ». « Ce n’est pas en se focalisant sur la guerre des clans, si spectaculaire soit-elle, que l’on va dépasser les problèmes qui minent le pays », a-t-il indiqué.

Il a écrit que « cette Révolution que rien ne semble atteindre est pourtant soumise à des manœuvres d’intimidation, de provocation, de division ou de désinformation qui réveillent de bien pénibles épreuves ».

M. Sadi a rappelé que « tous les jeudis soirs, des cohortes de véhicules de la gendarmerie sont mobilisées par la défense nationale pour établir des barrages filtrants sur les voies d’accès vers la capitale afin de réduire l’afflux des manifestants. Ces sièges résonnent douloureusement dans les esprits ».

Sadi raille les médias 

Said Sadi a par ailleurs raillé la couverture médiatique de la mobilisation populaire, en indiquant que « comme aux pires années de braises, les moyens de propagandes prennent le relais du déploiement des troupes pour créer chaque vendredi l’impression de désaffection des populations à Alger ».

Il a ajouté que « l’intérieur du pays, où la mobilisation, se renforce et gagne tous les chefs lieu de wilayas, est, pour l’instant, passé par perte et profit. L’urgence est d’éviter une manifestation durable de la relation fusionnelle du peuple en éloignant la province de la vitrine du pays ».

MDI Alger

Il a critiqué « les stagiaires du garde à vous politique. Ces êtres se sont auto-intoxiqués au point de ne pouvoir envisager l’Algérie en dehors de leurs ambitions. Aujourd’hui, ils ont les deux pieds dans le système et un œil sur le mouvement de contestation. Ils veulent, contre vents et marées, que l’élection présidentielle soit organisée avant les législatives ».

Bessa, Résidence la Pinède