Saïd Sadi considère que « ce 12 avril signe l’acte de décès de l’armée politique en Algérie »

Saïd Saadi

L’ancien président du RCD, Saïd Sadi a estimé, vendredi, que les manifestations du vendredi 12 avril 2019, signent « l’acte de décès de l’armée politique en Algérie ».

« Tout le monde s’accorde à dire que les manifestations de ce weekend furent encore plus importantes que les précédentes qui étaient déjà exceptionnelles. Mais ce n’est pas tout. Aujourd’hui, la réponse est aussi à considérer du point de vue de l’accélération des mutations politiques nationales », a écrit Saïd Sadi dans un texte intitulé « L’Armée politique démystifiée », publié sur sa page Facebook.

Il a expliqué que « des éditorialistes et observateurs étrangers ont pensé que les menaces proférées par le chef d’Etat-major à partir d’Oran pouvaient dissuader la masse des Algériens à continuer leur protestation avec autant de vigueur et de détermination; l’armée étant toujours un tabou dont il ne faut pas discuter et encore moins critiquer les déclarations. Il n’en a rien été. L’ampleur de la réaction populaire est d’abord une réponse au premier responsable militaire du pays. »

« On peut, de ce fait, considérer que ce 12 avril signe l’acte de décès de l’armée politique en Algérie. Et cela est le plus important pour l’Algérie démocratique », a estimé le Docteur Sadi.

« Pour ce qui me concerne, j’ai marché à Bgayet pour répondre à la demande de très nombreux messages qui m’ont été adressés pendant la semaine suite à l’incident opéré par quatre indicateurs, identifiés depuis comme tels. Que tous, du plus célèbre au plus anonyme trouvent ici l’expression de ma reconnaissance citoyenne. Au delà de ma personne, nos compatriotes de cette wilaya ont saisi que c’est la mémoire d’un combat qu’il fallait protéger pour que les nouvelles générations ne soient plus coupées des luttes de leurs aînés. C’est probablement qu’à Bgayet, la population, plus qu’ailleurs, a tenu à faire comprendre qu’il y a des actes que la police politique ne pourra plus commettre. C’est fait. Et de belle manière », a-t-il souligné.

« Les potentats rentiers ont-ils enfin compris que l’Histoire est en marche et que rien ne pourra l’arrêter ? », s’est-il interrogé en ajoutant qu' »il faut le souhaiter mais il convient aussi de rester vigilant. »

Il a estimé que « les démonstrations les plus dignes et les plus spectaculaires – et les nôtres le furent, au point de soulever l’admiration du monde – ne suffisent pas toujours à ébranler les abonnés aux hégémonies prédatrices. »

« Il convient de demeurer unis et mobilisés. Il convient surtout de penser à varier nos méthodes de luttes si les sursitaires de l’Histoire veulent encore faire diversion ou s’illusionner sur leur capacité à intimider un peuple debout », a-t-il conclu.

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