Ce que dit la presse française de l’annonce de la démission de Bouteflika

Jugement de A. Bouteflika:

Après l’annonce de la démission du président Bouteflika, avant le 28 avril, le quotidien français Libération a consacré neuf pages au président algérien, en titrant sur sa Une « Dégagé », en s’apitoyant sur la « fin pathétique » d’une « carrière flamboyante ».

En effet, le journal Libération n’a pas fait dans la dentelle. Il a retracé toute la carrière politique du président Bouteklika, des années fastes, alors qu’il était ministre des Affaires étrangères, à sa traversée du dessert après la mort de son mentor, Houari Boumédiène, en passant par sa revanche sur le système qui l’a imploré pour venir à son secours en 1999.

Dans son éditorial, le journal a fait remarquer que 38 jours ont suffi pour pousser le président à la démission. « Rapide, pour une révolution. Car c’en est une, allumée par l’entêtement d’un homme à se maintenir à la tête d’un pouvoir qu’il n’avait depuis plusieurs années plus les moyens physiques d’exercer Réduit au silence et à la transparence par la maladie, Bouteflika était de- venu un homme de paille, la marionnette d’une armée accrochée à son système clientéliste. », a indiqué M.  Christophe Israël, dans son éditorial.

Le journal Le Monde a évoqué la nomination du nouveau gouvernement et l’épreuve de force entre l’armée algérienne et le clan présidentiel qui s’est traduit, par l’intermédiaire des médias, par des accusations de complot contre le frère du chef de l’Etat, Saïd Bouteflika, et de hauts responsables des services de renseignement.

Dans le journal La Croix, M. Guillaume Goubert n’a pas caché son admiration pour le mouvement populaire. « En Algérie, le déroulement des événements impressionne par le sens de la mesure des différents acteurs regardant ce qui se passe en Algérie depuis cinq semaines, on a le sentiment d’assister à un film au ralenti. Les ingrédients d’un bouleversement profond sont présents, qu’il s’agisse des manifestations répétées et massives ou des manœuvres multiples dans l’appareil d’État.  Mais tout se déroule à un rythme mesuré, chacun des acteurs semblant vouloir éviter un affrontement destructeur. Le témoignage de Français ayant voyagé ces derniers jours en Algérie le confirme : le pays est en ébullition mais semble le vivre dans une étonnante décontraction », a-t-il indiqué dans son éditorial.

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