Pour Hubert Védrine les manifestations en Algérie « c’est le début d’un dégel du système »

Hubert Védrine

« Ce qui se passe en Algérie est très important. C’est le début d’un dégel du système qui était figé depuis l’arrivée au pouvoir de Houari Boumediene en 1965 », a estimé ce dimanche l’ancien chef de la diplomatie française, Hubert Védrine, dans un entretien accordé au Journal du Dimanche (JDD).

M. Védrine explique que « même si le retrait de Bouteflika pour un cinquième mandat et l’amorce d’un nouveau processus institutionnel peuvent n’être que tactiques, une façon de gagner du temps, une dynamique est en marche ».

S’agissant de la position française, l’ancien diplomate français estime que « les autorités françaises, elles, sont en situation de responsabilité. Elles ont raison d’être prudemment optimistes parce que ce dégel pourrait tout aussi bien, à terme, se transformer en débâcle », en expliquant que « personne ne sait comment les choses peuvent se passer après. Des forces vont se réveiller, se concurrencer, peut-être – espérons que non – s’affronter ».

M. Védrine a indiqué dans le même entretien que « ce processus qui démarre ne va pas s’achever la semaine prochaine ou dans un mois, il va peut même durer un an ou deux, voire plus. Mais cela peut bien se passer. En tout cas, il faut l’espérer ».

MDI Alger

L’ancien diplomate a souligné que « ce puissant mouvement pacifique de contestation n’a rien à voir avec la confiscation par les militaires de la victoire probable du FIS au second tour des législatives de 1991 ». Pour lui, il s’agit, là, «  d’un système mis en place depuis des décennies qui commence à se déverrouiller. Cela me rappelle davantage ce qui s’est passé en Europe de l’Est à la fin de l’URSS ».

Bessa, Résidence la Pinède