L’OPEP s’accorde pour réduire sa production de 1,2 million de barils par jour

Pétrole : l'OPEP, prudente sur les perspectives de reprise économique, a vu sa production baisser en février

Après deux jours de négociations au siège de l’OPEP à Vienne, l’OPEP et les pays non membres de l’OPEP, y compris la Russie, ont conclu un accord ce vendredi après midi en vue de réduire leur production à partir du 1er janvier 2019 afin de relever les prix du brut.

 

« Nous allons réduire le total de 1,2 million de bpj », a déclaré aux journalistes le ministre irakien du Pétrole, Thamer Abbas al-Ghadhban, à l’issue de la réunion. Il a ajouté que les 14 membres de l’OPEP réduiraient leur production de 800 000 bpj tandis que les 10 alliés non membres de l’OPEP contribueraient à une réduction de 400 000 bpj.

Le ministre russe de l’Énergie, Alexander Novak, a également confirmé les réductions de production combinées et déclaré que le marché serait surapprovisionné tout au long du premier semestre. Cependant, cet accord a exempté l’Iran, ainsi que le Venezuela et la Libye. Le ministre russe de l’Énergie, a loué la capacité de son homologue saoudien, Khalid al-Falih, «à trouver une solution dans la situation très difficile ».

S’adressant aux journalistes à la fin de la session, le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zangeneh, s’est dit satisfait de la décision. Il a ajouté que les négociations étaient « difficiles et compliquées » mais ont abouti à un résultat en faveur des Etats membres de l’OPEP et de l’Iran. « L’OPEP ne veut pas subir de pressions extérieures à l’organisation. Je ne sais pas quand l’administration américaine tirera les leçons de cette tendance », a déclaré le ministre iranien du Pétrole. Il a noté que la Russie n’avait aucun impact sur l’OPEP mais avait joué un rôle de premier plan dans l’accord entre membres et non membres de l’organisation.

Pour sa part, le ministre de l’énergie des Emirats Arabes Unis, Suhail bin Mohammed al-Mazroui a déclaré lors d’une conférence de presse que «nous ne réglerons jamais les problèmes géopolitiques à l’OPEP ».

L’accord de l’OPEP était en suspens depuis deux jours – d’abord sur la crainte que la Russie ne coupe trop peu, puis sur l’Iran, dont les exportations de brut ont été épuisées à la suite de sanctions américaines, ne bénéficierait d’aucune exemption et bloquerait l’accord.

À la suite de cet accord, les prix du pétrole ont bondi de plus de 5%, le brut Brent, référence internationale des prix du pétrole, s’échangeant à 63 dollars le baril. Le West Texas Intermediate (WTI) s’est établi à 53,69 dollars le baril, soit une hausse de 4,3% environ. Les prix du pétrole sont passés de 86 dollars le baril début octobre à leur plus haut niveau en quatre ans, en raison d’inquiétudes concernant l’offre excédentair

Colloque MDI