Grève des techniciens : Air Algérie lance une campagne de recrutement

section syndicale UGTA

La compagnie nationale Air Algérie a annoncé l’ouverture d’une campagne de recrutement de techniciens et ingénieurs de la maintenance et de réparation des avions, rapporte le journal El Moudjahid, dans son édition de ce mercredi 21 novembre 2018.

Cette annonce intervient, au moment où la majorité des techniciens et ingénieurs de la maintenance sont en grève, et dont la principale revendication est la révision des salaires, une doléance à laquelle la direction d’Air Algérie refuse de donner suite, en raison de la situation financière instable de la compagnie, s’est justifiée la compagnie dirigée par Bakhouche Allache.

Ce qui est cependant étranger, c’est l’affirmation du chargé de communication d’Air Algérie Amine Andaloussi à l’El Moudjahid pour justifier cette campagne de recrutement, en avançant que cet appel à candidature n’a rien avoir avec la dernière grève des techniciens et ingénieurs de la maintenance des avions de la compagnie aérienne, alors que, ces derniers sont à leur 10ème jour de débrayage.  «Ce recrutement s’inscrit pleinement dans le cadre du renforcement de notre flotte», a-t-il indiqué à la même source.

Le chargé de communication d’Air Algérie a expliqué au même journal que, afin de répondre aux appréhensions exprimées par le syndicat national de la maintenance qui craint qu’aucune nouvelle recrue, fraîchement diplômée, ne peut exercer avant 5 années de formation, en affirmant que «les nouvelles recrues seront prises en charge comme il se doit et bien formées par des instructeurs compétents et qualifiés».

Notons que, Air Algérie, même si elle rassure au sujet le contrôle technique des avions avant leurs décollage, cette opération est assurée par un service minimum, c’est-à-dire, par les techniciens et ingénieurs qui n’ont pas suivi la grève.

Le Gouvernement, rappelons-le, a débloqué récemment pour le compte d’Air Algérie, le montant de 2 milliards de Dollars pour le renouvellement de la moitié de ses avions en âge avancé, soit l’acquisition de 30 avions neufs sur les trois prochaines années.

La question qui se pose d’elle-même est : Comment la Direction de la compagnie annonce-elle une campagne de recrutement, alors que la situation financière de l’entreprise n’est pas au beau fixe ? Chose qu’elle affirme aux techniciens et ingénieurs de la maintenance revendiquant une augmentation de leurs salaires.

A ce propos, le porte-parole du syndicat national des techniciens de la maintenance des avions d’Air Algérie (SNTMA) Mohamed Boutoumi, dans ses récentes déclarations à la presse nationale, a expliqué que «le recrutement envisagé n’est pas destiné à couvrir un déficit en la matière, mais à nous menacer, nous les mécaniciens d’avion en grève. Ce n’est pas un simple acte de gestion».

Il a indiqué que «les dirigeants de l’entreprise se trompent, car à supposer que nous sommes 200 personnes à observer la grève, et qu’ils veulent nous remplacer par 200 autres nouvelles qu’ils recrutent parmi les nouveaux diplômés de l’université, ces dernières ne pourront pas faire face au travail actuel, en ce sens que, pour être rentables, elles nécessitent un minimum d’exercice de trois à cinq ans, pour avoir l’approbation pour la mise en service, conformément à la loi».

«Dans notre vision, il s’agit de deux choses l’une : soit une tentative d’intimidation, soit ils veulent recruter leurs enfants ou leurs connaissances», a-t-il affirmé en ajoutant que  Et «selon le règlement intérieur de la compagnie, pour être mécanicien d’avion, il faut obligatoirement avoir le diplôme de l’Institut d’aéronautique».

GMI BS

Tandis que, l’avis d’appel à candidature lancé par Air Algérie  précise que, les candidats doivent remplir un certain nombre de conditions parmi lesquelles, «il faut être de nationalité algérienne, titulaire d’un baccalauréat et avoir à son actif trois années universitaires (TS, licence, LMD, DEUA) dans les filières génie mécanique, électromagnétique, électrique, énergétique, aéronautique pour le poste de technicien et cinq années universitaires ou plus dans les mêmes filières pour les ingénieurs. Il est, notamment, recommandé d’avoir une bonne maîtrise de la langue anglaise, être en situation régulière vis-à-vis du service militaire ainsi qu’être libre de tout engagement».

Bessa, Résidence la Pinède