Sommet « smart city 2018 » : Alger smart city, réalité ou chimère ?

Alger Smart City

Posant le diagnostique d’une cité qui aspire à devenir « intelligente », comme la ville d’Alger, M. Merouane Debbah, directeur R&D chez Huawei France, a indiqué qu’ « une smart city doit prendre en compte sa situation géographique avec les risques sismiques, les conditions de vie des citoyens, l’écosystème industriel qui permettra aux entreprises de venir s’y installer et l’impact sur l’environnement comme la pollution. Alger se situe au carrefour de ces quatre composantes ».

M. Debabh estime que la smart city permet l’amélioration du service public, comme l’éducation ou de la santé, et le tourisme, soulignant au passage que le développement d’une « smart city » passe avant tout par la digitalisation et une meilleure la connectivité.

L’intervenant a définit trois aspects nécessaires au développement d’une « smart city » : le réseau qui est une composante importante d’une smart city, la gestion de l’internet des objets (IoT) et la transformation digitale. Tous ces aspects nécessitent une plateforme ou un data center qui prendra en charge la gestion d’une smart city.

Pour M. Riad Hartani, spécialiste en intelligence artificielle et consultant sur le projet Alger Smart City, a indiqué que l’objectif de ce sommet « est de rompre l’isolement, rendre la confiance aux habitants et avoir de nouveaux modèles de transfert technologique ».

De son côté, M. Lamine Belbachir, PDG-fondateur de Ayrade, spécialisée dans l’hébergement web, a évoqué les axes prioritaires sur lesquels on peut intervenir pour enclencher ce projet de faire de la ville d’Alger une cité intelligente. « Nous avons besoin d’un data center qui permettrait l’hébergement des données, l’IoT (Internet Of Things) ou les objets connectés, le traitement des données pour prendre des décisions de manière rapide et la digitalisation des institutions de l’Etat ».

D’autres axes sur lesquels on peut intervenir, on note le transport, incluant la gestion des flux, la signalisation, l’optimisation de la circulation dans la ville, la gestion des déchets et des eaux, sans oublier l’éclairage public et la gestion de l’électricité dans les foyers.

Alger smart city : réalité ou chimère ?

Alors les objets connectés gagnent de plus en plus du terrain dans tous les secteurs, faisant passer le concept de « villes intelligentes » de vision futuriste à une véritable réalité, la ville d’Alger peut-elle réellement aspirer à devenir une smart city ?

Le projet Alger Smart City a été lancé au printemps 2017, avec l’ambition de faire de la capitale une ville connectée pour améliorer la qualité de vie de ses habitants et d’optimiser la gestion de ressources. Toutefois, ce projet a soulevé de nombreuses interrogations quant à sa réalisation, notamment dans un contexte de crise économique.

En effet, le développement d’une smart city nécessite de mobiliser plusieurs secteurs d’activité, mais aussi l’implication de la société civile. Embouteillages interminables, déchets qui s’entassent, difficultés dan les transports publics, coupures d’électricité et d’eau, paraboles sur les façades, urbanisation anarchique… les défis et les problèmes auxquels est confrontée la ville d’Alger l’éloigne de plus en plus de ce « rêve » de devenir une ville intelligente.

Le récent épisode de coupures d’internet lors des épreuves du bac, rappelle encore une fois cette triste réalité du pays, ou pour voir une page d’internet s’afficher, le citoyen algérien en est encore à subir,  l’étourdissante image du cercle qui tourne au milieu de l’écran.

Il n’en demeure pas moins que cette solution radicale trouvée par les autorités pour éviter la triche, a causé  au passage d’importantes pertes financières pour plusieurs entreprises algériennes. les agences d’assurances ont vu leurs chiffre d’affaires impacté, les banques  peinaient à délivrer un simple « swift », ou encore la billetterie des compagnies aériennes, qui enregistré de sérieuses perturbations

GMI BS

Autant de facteurs qui prouvent  l’impossibilité de voir un tel projet aboutir. La dépendance du pays aux data centers basés à l’étranger complique encore la tâche.