Mohammed Yaddadene, Consultant et ancien Manager dans le secteur automobile. « La taxe sur les véhicules produits localement sera supportée par les clients au final »

montage automobile

Dans cet entretien, l‘expert du domaine de l’automobile, MYaddadene, réagit aux dernières décisions du projet de loi de finances 2018 concernant la taxe imposée aux véhicules produits localement. Selon lui, cette taxe  sera supportée par les clients au final selon les prix de chaque modèle à hauteur de 19% comme conséquence directe. M Yaddadene estime qu’il faut voir loin et garder une vue sur les conséquences de toutes les décisions à terme avant de valider un texte.

Algérie-Eco : La décision de taxer les véhicules produits localement à 19% continue d’alimenter l’actualité. D’abord on parle des répercussions sur les prix qui vont augmenter de 50%. Est-ce possible?

MYaddadene : On a déjà commenté cette nouvelle taxe, d’abord je rappelle que la taxation est tout à fait justifiée depuis le temps que  cet avantage a été consenti aux unités de montage, donc effectivement cette TVA à 19% aura une répercussion sur les prix de véhicules qui vont augmenter mais pas à ce niveau de 50%. Cette taxe  sera supportée par les clients au final selon les prix de chaque modèle à hauteur de 19% comme conséquence directe. Quand on suit les montants des promotions accordées par les concessionnaires sur de longues périodes, on peut déduire que la marge de manœuvre est importante cela pourra les inciter à revenir à la révision de la structure des prix.

Le sujet prend une tournure politique. Des députés FLN et RND, membres de la Commission des finances au sein de l’APN, voudraient faire réviser l’article 6 du projet de loi de finances complémentaires 2018. L’objectif n’est autre que de faire tomber la mesure qui instaure une taxe de 19% sur les véhicules montés localement. Qu’en pensez-vous?

Au delà des considérations politiques qui peuvent obéir à d’autres objectifs entre autre de séduction envers les algériens, notre économie a besoin de cette taxe pour revenir à la réalité qu’on ne peut ignorer depuis le lancement des premiers projets de montage. Par contre si les modifications et autres changements du cadre réglementaire continuent cela risque de mettre à mal le regard et le capital confiance des investisseurs qui doivent s’installer dans le cadre de la sous-traitance à moins qu’il y ait un traitement spécifique. Il faut voir loin et garder une vue sur les conséquences de toutes les décisions à terme avant de valider un texte.

Selon certains spécialistes, les dernières décisions du Gouvernement concernant l’industrie automobile créent un cafouillage et le consommateur est la première victime. Etes-vous de cet avis?

Les conséquences de cette situation seront toujours supportées par le dernier maillon de la chaine à savoir les distributeurs mais surtout les consommateurs. Toutefois qu’on fait le tour de concessions opérationnelles, on remarque un engouement vers les nouveaux produits en dépit des difficultés rencontrées entre la prise de commande et la livraison.

D’autres pensent qu’il n’y a aucune stratégie visible pour le secteur en question. pourquoi à votre avis?

MDI Alger

Je pense l’avoir déjà dit dans mes différentes interventions la démarche a été faussée dés le départ par le manque d’une vision stratégique qui aurait pu permettre de construire une véritable industrie mécanique. Par contre, il est temps de permettre aux compétences professionnelles de s’impliquer  et aux industriels qui ont une stratégie d’installer des usines de fabrication de lancer des projets industriels dont le pays tirera profit sur tous les plans par la création de richesses , d’emplois, et de fiscalité afin de satisfaire le marché local et de pouvoir exporter.

Bessa, Résidence la Pinède