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Le casse-tête de la matière première pour les producteurs nationaux

Absence de matières premières, défaillance de la chaine de commercialisation, concurrence déloyale aggravée par une chancelante rigueur dans le contrôle, et autres lacunes qui minent la chaine de production nationale.

A celles-ci, est venue se greffer, récemment, l’absence d’une stratégie communicationnelle, qui, en dépit de la publicité tapageuse, reste, quand même, disproportionnée par rapport aux ambitions que celle-ci projette et, surtout, à l’envergure et à la gamme des produits que les entreprises  comptaient écouler.

C’est, en synthèse, les principales conclusions tirées des discussions avec les exposants à la 25ème Foire de production algérienne (Fpa), qui s’est tenue du 21 au 27 décembre. Cette dernière en a donné un aperçu vague mais assez révélateur quant au cadre dans lequel évoluent les entreprises qui produisent  en important la matière première.

L’absence de matières premières a fait que la facture d’importation n’ait pas connu de diminution. La Literie « Le Printemps » spécialisée dans la fabrication de matelas ainsi que la société Hygimed, qui produit et distribue des dispositifs médicaux et hygiéniques en tissu non tissé, sont, pour l’exemple, confrontées à l’épineux problème d’approvisionnement en matières premières.

« L’Algérie aurait du construire des unités dédiées aux matières premières dont elles recèlent, et ce, pour répondre à nos besoins. Ceci nous aurait au moins permis de réduire les coûts de production et par conséquent  les prix de vente et proposer le matelas à 15 000 DA au lieu de 20 000 DA actuellement », a déploré un cadre à la Literie Le Printemps, en ajoutant qu’en « en attendant, nous continuons d’importer ».

Pour sa part, Baba Lyes, directeur de la Sarl Inotis, basée à Oran, qui fournit de la matière première à Hygimed, située, elle, à Alger, a indiqué que « toutes les matières premières transformées sont issues de l’importation, et j’en fournis l’une d’elles, le Licial, à base de Polyester, à Hygimed »

« De toute façon, poursuit-il, je vends mes produits à l’étranger, et demeure le seul  fabricant de Licial dans le monde Arabe».

Dans le domaine des détergents, Univers Détergent, connu sous le nom commercial d’Aigle, se détache du lot avec plus de 150 gammes, mais qui, malheureusement, ne sont pas toutes connues et vendues à l’échelle nationale. Et c’est là l’une des preuves de la défaillance dans la chaine de commercialisation. « Certes,  il y a un problème de commercialisation, mais nous comptons y remédier.», nous a assuré Loghrab Rachida, Chargée de communication Web. « Souvent, c’est à la demande des clients que les détaillants, supérettes ou autres épiceries de quartier spécifient à nos distributeurs les gammes à leur fournir ».

Par ailleurs, on a relevé que le gros de la commercialisation reste cantonné dans les grandes wilayas du pays, Alger, Oran, Sétif, et deux ou trois autres.

L’innovation au cœur des métiers

La production nationale enregistre d’année en année de nouveaux arrivants et de nouvelles réalisations inscrites dans un esprit concurrentiel.

Au registre des nouveautés, l’eau de javel concentrée à 16 degrés. « Lorsqu’on on dit concentré, on dit économique, car il faut rajouter un peu d’eau. Donc, sa contenance durera plus longtemps », nous a expliqué notre interlocutrice.

Pour sa part, le Groupe algéro-turc, Al Waha,  fabricant du savon Dorex et d’autres savonnettes sous-licence, Fax et Duru, d’origine turque, a lancé une nouvelle gamme de produits, dont un savon liquide Créamy.

A la lumière de ces exemples, et ils sont nombreux, le souci des concepteurs est d’apporter un plus à la marque d’origine, sans trop forcer, en changeant de couleur en y introduisant de nouvelles propriétés, en augmentant ou en baissant la dose, et en remodelant l’emballage.

Toutefois, tous les exposants sont unanimes : le souci premier est le client.  Ces petites améliorations contribuent à répondre aux attentes d’une clientèle de plus en plus exigeante et surtout ne pas rester en marge de ce qui se fait de par le monde.

La concurrence déloyale « ruine » le secteur public

Longtemps, l’apanage du secteur public, l’électronique et l’électroménager a connu un nouveau boom avec l’arrivée du privé. Les Condor, Iris, Cobra, Géant, Starlight, Brandt sont venus supplanter, brusquement, les produits de l’Entreprise nationale des industries électroniques (Enie) et/ou l’Entreprise nationale des industries de l’électroménager (Eniem) et les autres gammes du Groupe Elec El-Djazair, dans les attitudes du consommateur à s’approvisionner en téléviseur, machine à laver, climatiseur, réfrigérateur…

« Ce n’est pas pour des considérations de qualité que j’ai délaissé les produits de l’Enie ou l’Eniem, mais plutôt pour celles qui me semblent plus intéressantes en termes de rapport prix/qualité et des prestations autres, notamment celles liées au service après vente (Sav) », nous a dit un consommateur rencontré lors de la Fpa.

Pour sa part, le responsable marketing à l’Eniem (ex-Sonelec), basée dans la wilaya de Tizi Ouzou, a estimé que « la concurrence déloyale a eu raison de la rentabilité du secteur public. Il est arrivé dans certains cas que le privé vende sans facture. Ce qui induit, pour le grossiste, d’écouler des produits à des prix très compétitifs, car il n’a pas à s’acquitter de la TVA », en faisant savoir, toutefois, que « cela ne nous a pas découragés, mais incités davantage à faire preuve d’innovation pour satisfaire nos clients ».

« Dans ce contexte, poursuit-il, nous avons, a titre non exhaustif, mis au point un nouveau frigo classe A+, économique et écologique, et deux prototypes : un chauffe-bain de six litres et un réfrigérateur doté d’un nouvel habillement, plus embellissant ».

A vrai dire, la concurrence déloyale n’est pas confinée dans ce seul secteur, elle s’est généralisée, depuis, à bien d’autres, profitant à ceux qui la pratiquent et désavantageant ceux qui la subissent. Le manque de contrôle l’en a davantage incrustée dans la sphère économique. Globalement, elle a fait fourvoyer les  indicateurs de la qualité et, partant, les résultats escomptés de l’Economie nationale.

 

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