La Chine déverrouille lundi l’accès de son marché obligataire aux investisseurs étrangers

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Une plateforme connectant Hong Kong au marché obligataire chinois entrera en service lundi, a annoncé Pékin dimanche, déverrouillant pour les investisseurs étrangers l’accès au gigantesque marché de la dette en Chine continentale.

Cette « connexion en direction du nord » –c’est-à-dire autorisant des investissements en sens unique depuis Hong Kong vers les obligations chinoises– entrera « en fonctionnement expérimental » le 3 juillet, selon un communiqué de la banque centrale chinoise (PBOC) diffusé dimanche sur son site.

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Il permettra aux « investisseurs qualifiés » du monde entier, via la place à hongkongaise, d’accéder au marché obligataire chinois, le troisième du monde par son envergure, avec une valeur cumulée d’environ 10.000 milliards de dollars selon l’agence Bloomberg.

Ces « investisseurs qualifiés » comprennent les banques centrales et fonds souverains des pays étrangers, mais aussi des banques commerciales, assureurs, sociétés de courtage et fonds d’investissements, selon la PBOC.

Ils pourront investir dans toutes les obligations qui s’échangent actuellement sur le marché intérieur chinois –dont la dette émise par les gouvernements locaux, les banques commerciales, les entreprises.

Or, ce marché en pleine explosion était jusqu’alors quasiment hors d’atteinte des investisseurs étrangers, qui ne possèdent actuellement qu’une portion congrue des obligations émises en Chine (moins de 1,5% selon des estimations Bloomberg).

Et 85% de leurs placements sont limités aux obligations souveraines et aux émissions des banques étatiques de politique publique.

Le mécanisme mis en service lundi, après un feu vert des autorités en mai, s’inspire largement des deux plateformes d’investissement reliant déjà la Bourse de Hong Kong aux places boursières de Shanghai et Shenzhen.

Lancées respectivement en 2014 et fin 2016, elles permettent à des investisseurs étrangers d’acheter, en passant par l’ex-colonie britannique, des actions en yuans de sociétés cotées en Chine continentale.

Hong Kong, qui célèbre ce week-end le 20e anniversaire de sa rétrocession à Pékin, demeure un territoire largement autonome, dont le système commercial et financier est grand ouvert à l’international.

A l’inverse d’une Chine continentale où le régime communiste verrouille les flux de capitaux et dont les marchés sont largement coupés de l’étranger.

Pour autant, Pékin affiche ostensiblement ses ambitions d’ouverture progressive de ses marchés financiers, en vue d’attirer davantage de capitaux étrangers et de consolider l’internationalisation de sa devise.

Et ce même si la porte n’est qu’entrouverte: sur les deux plateformes de connexion boursière, réservées de facto aux investisseurs institutionnels, des restrictions limitent le volume des investissements et l’éventail des actions concernées.

Les efforts de Pékin pour assouplir ses réglementations ont néanmoins convaincu la société américaine de services financiers MSCI, qui a décidé le mois dernier, après plusieurs années de refus, d’inclure dans ses très influents indices les titres cotés des Bourses chinoises.

Afp