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Honeywell rattrapé par deux affaires de corruption en Algérie et au Brésil

La société américaine « Honeywell International Inc. » est reconnue coupable de faits de corruption en Algérie et au Brésil.

En effet, Honeywell est rattrapée par ces deux scandales aux Etats-Unis d’Amérique où la Commission des valeurs mobilières et des échanges (SEC) a ouvert une enquête sur les contrats obtenus par la société en 2010 et 2011 respectivement au Brésil et en Algérie.

Dans un communiqué publié lundi 19 décembre 2022 sur son site internet, la SEC a annoncé « des accusations portées contre Honeywell International Inc. pour violations de la loi FCPA (Foreign Corrupt Practices Act) résultant de stratagèmes de corruption qui ont eu lieu au Brésil et en Algérie. »

« L’ordonnance de la SEC conclut qu’Honeywell, un fabricant mondial américain de produits aérospatiaux, de technologies du bâtiment et d’automatisation, s’est engagé dans un stratagème de corruption impliquant des intermédiaires et des employés de sa filiale américaine pour obtenir des contrats auprès de l’entité publique brésilienne Petrobras », indique le communiqué.

Et d’ajouter : « Plus précisément, l’ordonnance conclut qu’en 2010, Honeywell a offert au moins 4 millions de dollars de pots-de-vin à un haut fonctionnaire du gouvernement brésilien dans le cadre du processus d’appel d’offres chez Petrobras. »

75.000 dollars de pots-de-vin pour obtenir et conserver des contrats avec Sonatrach

« L’ordonnance de la SEC constate qu’en 2011, les employés et agents de la filiale belge d’Honeywell ont versé plus de 75 000 dollars de pots-de-vin à un fonctionnaire du gouvernement algérien pour obtenir et conserver des contrats avec l’entité publique algérienne Sonatrach », lit-on dans le même communiqué.

La SEC n’a pas précisé l’identité du responsable algérien, mais durant cette période, c’était Youcef Yousfi, actuellement en prison pour corruption, notamment dans le dossier de l’automobile, qui était à la tête du ministère de l’Energie et des Mines. Youcef Yousfi avait remplacé à ce poste Chakib Khelil, limogé à l’épique après  limogé suite à l’éclatement du premier grand scandale de corruption à Sonatrach.

Le 6 décembre, Sonatrach a signé un protocole d’entente avec Honeywell visant la promotion de la coopération entre les deux sociétés

« Pendant des années, Honeywell a négligé de mettre en place des contrôles comptables internes suffisants pour atténuer les risques de corruption connus dans des pays comme le Brésil et l’Algérie », a déclaré Charles Cain, chef de l’unité FCPA de la division de l’application de la loi de la SEC. « Cet échec a créé un environnement dans lequel les employés et les agents d’Honeywell pouvaient et ont facilité les pots-de-vin », a-t-il ajouté.

Honeywell va payer 202,7 millions de dollars

De son côté, Honeywell a indiqué, dans un communiqué publié lundi, qu’elle paiera 202,7 millions de dollars pour régler les enquêtes sur la corruption menées par le ministère américain de la Justice (DOJ), la SEC et les autorités brésiliennes concernant ses activités au Brésil.

Honeywell a déclaré que son unité UOP a conclu un accord de poursuite différée de trois ans avec le DOJ concernant des accusations de conspiration pour enfreindre la loi sur les pratiques de corruption à l’étranger dans un projet de 2010. La société a déclaré qu’elle « a accepté certaines obligations de conformité et de rapport de conformité » mais n’a pas été inculpée pénalement.

La société a également indiqué qu’elle a également conclu un règlement avec la SEC pour résoudre des allégations liées à ses opérations au Brésil ainsi que des questions liées au contrat d’une unité étrangère avec Unaoil en Algérie en 2011.

Honeywell a déclaré que les règlements ont « entièrement résolu » les enquêtes. Elle a ajouté que les questions ont été « entièrement réservées » et qu’aucun autre impact financier n’est attendu suite aux règlements.

Le directeur général de la société, Darius Adamczyk, a déclaré que les questions « héritées » ne reflètent « en aucun cas le leadership, la culture et les valeurs actuels qu’Honeywell a réussi à établir plus de dix ans après que cette activité ait eu lieu ».

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