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Adel Bensaci à propos du secteur automobile : « On a besoin d’un tissu de sous-traitants étoffé »

L’Algérie a fixé de nouvelles conditions pour l’activité de construction automobile. Ces nouvelles règles ont été publiées jeudi dernier au Journal officiel n°76.

Le texte dispose que « l’exercice de l’activité de construction de véhicules de tourisme et véhicules utilitaires légers est ouvert aux constructeurs propriétaires de marques de véhicules, agissant seul ou en partenariat, par la création d’une société de droit algérien. »

L’exercice de l’activité de construction de véhicules « est subordonné à l’obligation d’atteindre, à compter de l’obtention de l’agrément (…) un taux d’intégration, minimal, qui évolue comme suit : au terme de la 2ème année : 10% ; au terme de la 3ème année : 20% ; au terme de la 5ème année : 30% », selon le nouveau texte.

Pour atteindre ce taux d’intégration, un réseau de sous-traitance local doit être développé. A ce propos, selon les termes du nouveau cahier des charges, le constructeur de véhicules de tourisme et utilitaires légers est tenu « d’installer une chaîne d’emboutissage, de soudure et de peinture au terme de la troisième année à compter de la date d’obtention de l’agrément, ou recourir, le cas échéant, à la sous-traitance locale pour effectuer ces opérations ».

Il doit aussi « mobiliser ses soustraitants et ses équipementiers étrangers à s’implanter en Algérie pour la réalisation des investissements de production d’ensembles, sous-ensembles et accessoires de véhicules. »

« On a besoin d’un tissu de sous-traitants étoffé »

Ce lundi, le président du Cluster Mécanique de précision Algérie, Adel Bensaci, s’est exprimé sur l’importance de développer le tissu de sous-traitance.

M. Bensaci a souligné, sur les ondes de la radio chaîne 3, que le secteur automobile est « un secteur très structurant » pour l’industrie en général, puisqu’il touche, notamment le plastique, la mécanique, le secteur textile, le secteur électronique…etc.

« On a besoin d’avoir un tissu de sous-traitant étoffé », a-t-il indiqué, en soulignant qu’il y a des acteurs qui sont dans le secteur depuis très longtemps. « Il ne faut pas oublier que le secteur de la mécanique en Algérie a commencé à se développer dans les années 1970, et il y avait à l’époque des sous-traitants pour la SNVI, ENMTP, le complexe moteurs et tracteurs de Constantine…etc. Malgré que ce soit c’étaient des complexes voulus tout intégrés à l’époque, il y a eu un développement à la fin des années 1980 et début des années 1990, d’un tissu de sous-traitant et la SNVI parlait à l’époque de 300 PME sous-traitantes. Maintenant, un peu moins, après la crise », a-t-il précisé.

« Si on doit parler du secteur automobile, en particulier, on peut parler, modestement, d’une vingtaine de PME qui activent directement dans le secteur, puisque nous sommes, déjà, dans la fabrication des sièges, des batteries, des tableaux de bord, des par-chocs et autres éléments qui entrent directement dans la fabrication des véhicules », a-t-il indiqué.

« Ce n’est pas suffisant, certes. N’oublions pas que nous sortons d’une période de gabegie. Il y a eu des erreurs qu’il ne faudra pas répéter », a-t-il dit. « Nous sommes en train de travailler à l’intégration d’un certain nombre de PME dans le secteur de l’automobile pour les spécialiser », a fait savoir M. Bensaci, qui a souligné que « le secteur automobile a ses propres normes et standards ».

Il a expliqué qu’il y a une phase d’homologation, notamment la norme ISO correspondant aux standards « IATF », qui sont ceux de l’automobile. « D’abord, il faut être aux standards et avoir un management qualité, ensuite passer par la phase d’homologation », a-t-il ajouté.

Les projets doivent être pensés à un niveau régional

Selon, si au départ, ces projets d’assemblage de véhicules, « l’exportation n’est pas un objectif principal, pour le développement de ce business, ça ne fonctionnera pas ».

« On a vu au préalable ce qui s’était passé. Fabriquer 10.000, 15.000 même 50.000 véhicules d’un même modèle, ne suffit pas à atteindre les volumes nécessaires à faire des économies d’échelle et ne suffira pas aussi aux intégrateurs locaux, que ce soit des équipementiers ou des sous-traitants à intégrer les chaînes de valeur internationales. Donc, il faudrait, réellement, que ces projets-là, soient pensés à un niveau régional et non pas national », a-t-il expliqué.

M. Bensaci a également recommandé « la création d’un système de management qui réponde aux standards des constructeurs internationaux, avant de passer au stade d’homologation », qui « doit être promu par la Bourse de sous-traitance, qui elle-même, est appuyée par le ministère de l’Industrie. »

Adel Bensaci, également, président du Conseil national consultatif pour la promotion des PME, a préconisé la formation spécialisée des employés. « La formation professionnelle représente la cheville ouvrière de toute industrie naissante ou en développement », a-t-il dit.

Et d’ajouter : « C’est dire qu’on n’a pas uniquement besoin de bureaux d’études et de recherches, mais aussi de personnes pour faire fonctionner la machine et les équipements, ce sont des techniciens spécialisés, issus des centres de formation professionnelle ».

« Il faut créer ce pont, cette relation entreprise-monde du savoir-monde économique, pour pouvoir accéder justement à cet objectif-là, qui est à mon sens, une obligation. On ne peut pas faire autrement », a-t-il dit.

Selon lui, en plus du nouveau cahier des charges, l’Algérie dispose d' »un environnement économique favorable ». « Il ne faut pas oublier que l’Algérie, au niveau international, est un pays très compétitifs en termes de coûts d’investissements et de coûts de production. On parle des coûts de l’énergie et de la construction ainsi que de la disponibilité de la ressource humaine et de proximité géographique des marchés », a-t-il indiqué.

« Et on a vu qu’à travers la crise du Covid-19, la crise économique et la situation internationale, la position géographique est un atout indéniable, sans parler des avantages octroyés par le gouvernement qui sont très importants, qui doivent être équilibrés », a-t-il précisé, en ajouant que « c’est au constructeur, à mon sens, de demander à ses équipementiers de l’accompagner, dans le cadre d’une implantation pérenne, avec l’objectif d’exporter et d’en faire un véritable pôle régional de fabrication atuomobile ».

« Il y a un écosystème qui est en train de se mettre en place »

M. Bensaci a indiqué que « la matière première est là, elle est élaborée et ce n’est pas de la matière première brut comme on parlerai du fer et du phosphate pour d’autres industries ». « Il y a aussi la sidérurgie qui est en plein développement. On a parlé du secteur des mines. C’est-à-dire, il y a un écosystème qui est en train de se mettre en place. A mon sens, on voit que la politique de développement actuellement, est complètement en phase avec le développement d’une industrie automobile pérenne », a-t-il estimé.

« Le secteur automobile est un gros consommateur d’acier, que ce soit pour l’emboutissage, les pièces de chassis, enfin, tous les éléments qui rentrent dans la transformation d’acier par emboutissage et dans l’usinage », a-t-il relevé, en rappelant les projets d’exploitation de gisements de fer comme celui de Gara Djebilet.

Le président du Cluster Mécanique de précision a également relevé l’importance de la disponibilité des intrants et de la matière première en amont des industries pour permettre leur développement et gagner en coûts logistiques.

Il a plaidé pour que les sous-traitants bénéficient également des avantages accordés aux donneurs d’ordre. A ce propos, il a cité une proposition pour demander une exonération des droits des douanes et de TVA (Taxe sur la valeur ajoutée) pour les sous-traitants, que ce soit dans le secteur automobile ou autres, afin que l’Algérie devienne une sorte de zone franche, et encourager les sous-traitants à aller vers l’exportation.

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