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Pomme de terre : la production a chuté de 40 à 45% dans plusieurs wilayas (UNPA)

Les Algériens, dont le pouvoir d’achat ne cesse de se dégrader, font face, depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, à une hausse des prix des produits alimentaires qui semble s’installer dans la durée.

En plus des tensions sur certains produits comme l’huile de table et la semoule, la flambée des prix a touché la majorité des produits alimentaires.

Comme chaque année, les citoyens entament le mois de Ramadhan avec des hausses des prix des produits alimentaires. Si, par la suite, les prix baissent à partir la deuxième semaine de ce mois de grande consommation, cette fois, la flambée des prix se poursuit.

Flambée du prix de la pomme de terre

A l’instar d’autres produits alimentaires, le prix de la pomme de terre, légume largement comsommé, a flambé et s’est installé au-dessus des 100 dinars le kilo. « Les prix de la pomme de terre ont connu une hausse inégalée », relève le journal El Watan de ce lundi 18 avril.

« Elle est vendue à 170 DA le kilo. Par endroits, elle est même cédée à 200 DA le kilo. La semaine dernière seulement, elle était à 100 DA. Ce week-end, son prix a grimpé à 120 puis 140 DA. Hier, c’est 30 à 60 DA de plus », détaille la même source.

En dépit des mesures prises par les autorités concernées, notamment à travers le déstockage, avant le mois sacré, de 15.000 tonnes de ce tubercule pour faire baisser son prix et faire face à la spéculation. Mais les retombées de cette mesure ne sont pas visibles.

« Disponible dans les points de vente de l’Office national interprofessionnel des légumes et viandes (Onilev) à 60 DA, la qualité serait à reprocher. L’affluence des citoyens ne serait pas importante, malgré les prix abordables », note le même journal.

En mars dernier, le directeur de l’organisation des marchés et des activités commerciales au ministère du Commerce et de la Promotion des exportations, Ahmed Mokrani, avait annoncé, à l’agence APS, un programme « exceptionnel » d’importation de 100.000 tonnes de pomme de terre par lots, dans le but de faire baisser les prix de la pomme de terre. Mais cette annonce n’a pas connu de suite.

Baisse de la production de la pomme de terre

Pour expliquer cette flambée du prix de la pomme de terre, les uns parlent de spéculation, les autres de la hausse de la demande, mais du côté de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), l’on parle d’une baisse de la production de ce tubercule dans plusieurs wilayas.

« La cause essentielle de la hausse des prix de la pomme de terre est la baisse de la production. Ce n’est pas un fait volontaire des agriculteurs, mais c’est dû plutôt à la sécheresse qui a caractérisé les mois de janvier et février. La récolte a directement été impactée. La wilaya de Mostaganem, réputée pour cette production agricole, a enregistré une baisse de 40 à 45% de sa production saisonnière. Il en est de même pour Skikda », a expliqué Abdellatif Dilmi, secrétaire général de l’UNPA, cité par El Watan.

Pour ce qui est de l’actuelle flambée des prix, M. Dilmi a expliqué, selon la même source, qu’il s’agit essentiellement de l’impact des dernières averses qui ont empêché les agriculteurs d’accéder à leurs champs et faire leurs récoltes. « Les prix devraient connaître une accalmie », a-t-il dit, souhaitant voir une abondance des récoltes de la wilaya de Aïn Defla, wilaya leader dans la production de la pomme de terre.

Appel au boycott de la pomme de terre

Suite à la hausse sans précédent des prix de la pomme de terre, l’Association pour la protection et l’orientation du consommateur et son environnement (APOCE) a lancé, dimanche sur sa page Facebook, un appel au boycott de la pomme de terre.

La campagne de boycott est lancée sous le slogan : « J’achète ce qu’il me faut, le reste ira en semencière ». L’organisation appelle ainsi les consommateurs à réduire le volume d’achat de pomme de terre jusqu’à ce que le marché soit modéré.

L’APOCE a appelé le gouvernement à « établir un prix de référence sur le tubercule et à le mettre en exécution sur le terrain dans les prochains jours par des mécanismes de contrôles, sans pour cela pénaliser les acteurs du circuit, irresponsables de cette situation paradoxale ».

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