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Le pétrole sous la barre des 100 dollars le baril

Le pétrole chutait fortement lundi et évoluait sous la barre des 100 dollars le baril, plombé par un confinement en Chine qui pèse sur la demande mondiale, pendant qu’en Europe, la question d’un embargo sur le pétrole et le gaz russes perdait du terrain.

Vers 12H40 GMT (14H40 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin perdait 4,30% à 98,36 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en mai cédait quant à lui 4,67% à 93,67 dollars.

« Actuellement, ce sont surtout les mauvaises nouvelles en provenance de Chine qui pèsent sur les prix, alors que le nombre de cas de Covid continue d’augmenter », commente Barbara Lambrecht, analyste chez Commerzbank.

Confrontée à la pire vague de Covid-19 en Chine depuis le début de l’épidémie, Shanghai, la capitale économique du pays, est en confinement total ou partiel depuis deux semaines.

« En d’autres termes, les blocages qui ralentissent la demande de pétrole dans le deuxième pays consommateur au monde risquent de durer encore longtemps », poursuit Mme Lambrecht.

Pour Victoria Scholar, analyste chez Interactive investor, Pékin se borne à « sa politique agressive de tolérance zéro (Covid) au détriment de son économie ».

« On craint que les confinements et les restrictions économiques ne s’aggravent si les cas s’étendent à d’autres villes », explique-t-elle.

La libération des réserves stratégiques promise par les pays consommateurs de pétrole « contribue par ailleurs à apaiser les craintes liées » à une pénurie « et à combler une partie de l’offre russe absente du marché », affirme Fiona Cincotta, de City Index, interrogée par l’AFP.

Mme Streeter note que les prix du pétrole devraient rester volatils à court terme au regard de la situation en Ukraine, les analystes n’excluant pas définitivement des mesures de sanctions visant les hydrocarbures russes, même si elles ne sont pas à l’ordre du jour dans l’immédiat.

« Les craintes sont de plus en plus fortes que l’agression russe s’intensifie bientôt de manière significative », assure Susannah Streeter, analyste pour Hargreaves Lansdown, les villes se préparant à « de nouveaux assauts soutenus ».

Si les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne étudiaient lundi un sixième paquet de sanctions contre Moscou, un embargo pétrolier sur les hydrocarbures russes n’est cependant pour l’instant « pas sur la table », avait reconnu vendredi un haut fonctionnaire européen.

Autre facteur baissier: « la possibilité d’un ralentissement de la croissance mondiale (…) pourrait également peser sur les perspectives de la demande », souligne Fiona Cincotta.

« On parle de plus en plus de récession économique l’année prochaine, les banques centrales préférant clairement une légère récession à une inflation galopante », affirme également à l’AFP Bjarne Schieldrop, analyste chez Seb.

AFP

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